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12/04/2012 09:25 EDT | Actualisé 12/06/2012 05:12 EDT

Le G8 étudie les suites à donner au cessez-le-feu en Syrie

Les ministres des Affaires étrangères du G8 discutaient jeudi à Washington des suites à donner au fragile cessez-le-feu en Syrie, avant une rencontre très attendue entre la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton et son homologue russe Sergueï Lavrov, allié de Damas.

Mme Clinton a souligné mercredi lors de l'ouverture du sommet que le G8 était un "espace idoine" pour coordonner l'action de la communauté internationale sur les crises qui menacent les équilibres régionaux aux quatre coins du monde.

Comme la veille, les consultations des pays du G8 --Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon, Russie-- devaient porter en grande partie sur la situation en Syrie, où un cessez-le-feu est entré en vigueur pendant la nuit et semblait, selon l'envoyé spécial de l'ONU et de la Ligue arabe Kofi Annan, "respecté".

En marge du sommet, la secrétaire d'Etat américaine s'est entretenue avec son homologue français Alain Juppé, a constaté un journaliste de l'AFP. La rencontre a eu lieu à Blair House, la résidence officielle des hôtes de marque du gouvernement américain, où sont réunis les chefs de la diplomatie du G8.

Après un entretien d'une quinzaine de minutes, Mme Clinton et M. Juppé sont apparus devant les journalistes, sans faire de déclarations. Ils ont ensuite rejoint leurs homologues pour une session plénière.

Hillary Clinton devait s'entretenir à la mi-journée avec M. Lavrov, dont le pays est le principal allié de Damas. Cette rencontre sera particulièrement scrutée, la Russie ayant jusqu'à présent refusé toute résolution à l'ONU qui accroîtrait la pression sur la Syrie.

Mme Clinton a indiqué mardi qu'elle tenterait de convaincre M. Lavrov de peser sur le régime syrien.

M. Lavrov a appelé de son côté à donner du temps au plan Annan après le cessez-le-feu, intimant aux pays arabes et occidentaux de cesser d'encourager, selon lui, l'opposition au régime de Damas.

"La présence d'observateurs sur le terrain est très importante", a déclaré M. Lavrov, appelant à l'envoi "le plus vite possible" de ces observateurs, rejoignant une proposition de M. Juppé, qui a souhaité que le Conseil de sécurité de l'ONU envoie une "force robuste d'observateurs".

A quelques jours de la reprise des contacts entre l'Iran et le groupe 5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne), samedi à Istanbul, le dossier du nucléaire iranien était également au coeur du G8.

"Nous pensons qu'il reste du temps pour la diplomatie, mais il est urgent que les Iraniens viennent à la table des négociations pour instaurer un environnement susceptible de conduire à des résultats concrets", a déclaré mercredi Mme Clinton.

Les Iraniens se présenteront à Istanbul avec de "nouvelles initiatives", a promis le chef des négociateurs iraniens, Saïd Jalili. Les Occidentaux soupçonnent l'Iran de vouloir se doter de l'arme nucléaire, ce que conteste Téhéran, qui affirme que son programme d'enrichissement nucléaire n'a pas de visées militaires.

Autre sujet au menu du G8: le possible lancement d'une fusée nord-coréenne. Pyongyang a annoncé son intention de lancer une fusée Unha-3 entre jeudi et lundi, afin de placer en orbite un satellite d'observation terrestre.

Mais Washington et ses alliés y voient un essai déguisé de missile balistique et Hillary Clinton a souligné mercredi que la Corée du Nord violerait "de nombreuses résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies" en procédant au tir.

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