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12/04/2012 08:50 EDT | Actualisé 12/06/2012 05:12 EDT

L'Asie s'offre l'ACNO, en attendant mieux

Sauf surprise, l'Association des comités nationaux olympiques élira à sa présidence, vendredi à Moscou, le cheikh koweïtien Ahmad Al-Fahad Al-Sabah, l'ambitieux et puissant patron de l'association des comités olympiques d'Asie.

Si elle semblait prévisible, l'accession à la tête de l'ACNO de ce membre de la famille régnante du Koweït, ex-président de l'OPEP, n'était pas programmée aussi tôt.

Réélu à l'automne 2010, l'indéboulonnable mexicain Mario Vazquez-Rana, président de l'ACNO depuis sa création en 1979, paraissait en mesure de traverser un énième mandat, malgré les remous provoqués par les oppositions multiples.

Le 15 mars dernier pourtant, Vazquez-Rana surprenait tout le monde en présentant sa démission, victime selon ses termes d'une campagne "démentielle et agressive" pour sa succession, menée selon lui par Al-Sabah et son homologue européen Patrick Hickey, deux vice-présidents de l'ACNO.

Personnelle, contre l'omnipotence du magnat des médias mexicains, la campagne en question, bien réelle, avait également un tour plus global, pour la conquête de l'influente association des 204 comités olympiques nationaux du monde.

Le cheikh Al-Sabah, soutenu par l'Asie et ses 48 CNO qui font partie des plus riches du monde, par l'Europe, mais également par l'Afrique et l'Océanie, a été désigné par ses pairs, vice-présidents de l'ACNO, comme président par intérim et candidat unique à la succession de Vazquez-Rana. Il devrait être adoubé vendredi au premier jour de l'assemblée générale de l'association tenue dans la capitale russe.

A 48 ans, cet influent membre du Comité international olympique (CIO) se verrait ainsi offrir un tremplin en or pour devenir candidat à la présidence de l'organisation olympique, en 2013, ou plus probablement lors de l'échéance suivante.

Entre temps, il lui faudra surmonter une anomalie technique qui ne manquera pas d'être soulevée par des opposants qui espèrent encore contrarier l'élection: le cheikh Al-Sabah est membre du CIO au titre de sa présidence de l'organisation des comités olympiques asiatiques (OCA), qu'il gouverne en vertu de son titre de président du comité olympique koweïtien. Or ce dernier est suspendu par le CIO depuis le 1er janvier 2010, en raison d'une loi permettant aux autorités gouvernementales koweïtiennes d'interférer dans les élections d'organisations sportives.

De ce fait, les athlètes et officiels du Koweït sont interdits de toute compétition et réunion olympique. Une mise au ban qui fait tache pour Al-Sabah, et qui ne contribuera pas à éclaircir l'image opaque de la gouvernance du mouvement olympique.

cha/es