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12/04/2012 09:54 EDT | Actualisé 12/06/2012 05:12 EDT

Juba pose une liste de conditions à un retrait d'Heglig

Le Soudan du Sud a posé une liste de conditions précises au retrait de son armée de la zone pétrolière frontalière d'Heglig, qu'elle a prise à l'armée soudanaise mardi, a annoncé jeudi le ministre sud-soudanais de l'Information, Barnaba Marial Benjamin.

"Premièrement, toutes les agressions terrestres et aériennes du Soudan doivent cesser immédiatement," a déclaré le ministre à l'AFP.

"Les forces armées soudanaises qui occupent Abyei doivent aussi se retirer totalement," a-t-il ajouté. Abyei, envahie l'an dernier par les troupes soudanaises, est une autre région contestée entre le Soudan et le Soudan du Sud.

Tout retrait sud-soudanais d'Heglig est aussi conditionné à la mise en place d'"observateurs internationaux" pour effectuer des patrouilles le long d'une zone frontalière démilitarisée, le temps que le tracé de la frontière commune des deux pays fasse l'objet d'un accord, sous arbitrage international, a-t-il poursuivi.

Le président sud-soudanais, Salva Kiir, avait dit jeudi matin devant son Parlement qu'il n'ordonnerait pas le retrait de ses troupes d'Heglig, réclamé par le Conseil de sécurité de l'ONU et l'Union africaine alors que les relations Juba-Khartoum ne cessent de s'envenimer. Il avait aussi menacé d'avancer vers Abyei si l'ONU d'obtenait pas, du Soudan, son évacuation.

Mardi, l'armée sud-soudanaise a pris le champ pétrolier d'Heglig, qui assure une part essentielle de la production pétrolière du Nord, quand Juba a de nouveau accusé le Soudan de bombarder son territoire.

Depuis, les combats n'ont cessé dans cette zone frontalière, déjà théâtre de graves affrontements fin mars. Depuis l'indépendance du Soudan du Sud en juillet, jamais Juba et Khartoum n'ont semblé si proche d'une nouvelle guerre. Le Nord et le Sud se sont livrés des décennies de guerre civile dans le passé.

Les tensions sont vives entre le Nord et le Sud depuis la partition du pays.

Elles sont notamment liées au tracé de la frontière, à des accusations réciproques de soutien à des mouvements rebelles, et au partage des revenus du pétrole, le Soudan du Sud ayant hérité des trois quarts des ressources pétrolière du Soudan d'avant la partition.

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