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07/04/2012 02:51 EDT | Actualisé 06/06/2012 05:12 EDT

Yémen: l'aéroport de Sanaa fermé sous la menace de militaires

L'aéroport de Sanaa était fermé samedi à la suite de menaces de militaires fidèles à l'un des proches de l'ancien président Ali Abdallah Saleh d'abattre tout avion décollant ou atterrissant, a annoncé une source aéroportuaire.

L'aéroport est encerclé par des militaires fidèles au commandant des forces aériennes, le général Mohamed Saleh al-Ahmar, un demi-frère de l'ex-président démis vendredi par décret mais qui refuse de quitter son poste, selon cette source.

"Aucun avion n'a décollé ou atterri depuis que ces militaires ont lancé leur menace vendredi soir", a déclaré cette source, ajoutant que des membres de la tribu des Hamdane, fidèles à l'ancien président, participaient également au siège de l'aéroport.

Ces hommes armés sont conduits par l'un des chefs de cette tribu, Naji Jamaane, selon la même source.

Le général Mohamed Saleh al-Ahmar, démis par décret du président de transition Abd Rabbo Mansour Hadi, a refusé de partir tant que le ministre de la Défense Mohamed Nasser Ahmed et le chef d'état-major Ali al-Achwal resteraient en poste, selon une source militaire.

Il a en outre réclamé l'exil de plusieurs figures de la puissante tribu des Hached, qui avaient pris position contre M. Saleh pendant la révolte populaire de l'année dernière, selon la source militaire.

Le général Mohamed Saleh al-Ahmar, fortement contesté au sein des forces aériennes depuis plusieurs mois, a été limogé vendredi, en même temps que le général Tarek Mohamed Abdallah Saleh, chef de la garde présidentielle et neveu de l'ancien homme fort du pays.

Selon la source militaire, le général Saleh a refusé le commandement du 37ème bataillon de la Garde républicaine, basé dans la province de Hadramout (sud-est), auquel le décret présidentiel l'affectait.

Ali Abdallah Saleh, qui a dirigé le Yémen sans partage pendant 33 ans, a accepté sous la pression de la rue et de la communauté internationale de céder le pouvoir à son vice-président, M. Hadi.

Mais ses détracteurs l'accusent de chercher à entraver la transition politique. Il reste en effet président du Congrès Populaire Général (CPG, ancien parti au pouvoir), et ses proches contrôlent toujours les principaux organes de sécurité, notamment son fils aîné Ahmed, qui commande la Garde républicaine, unité d'élite de l'armée.

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