NOUVELLES
07/04/2012 04:55 EDT | Actualisé 06/06/2012 05:12 EDT

Syrie: des dizaines de morts à quelques jours de la date-butoir de l'ONU

Les forces du régime syrien ont mené d'importantes opérations militaires samedi à Latamna, dans la province de Hama (centre), où 27 civils ont été tués à quelques jours de la date-butoir du retrait de l'armée des villes rebelles, fixée par les Nations unies.

"Vingt-sept personnes ont été tuées samedi dans des bombardements et par des tirs lors d'opérations militaires menées par les forces régulières qui tentent de prendre d'assaut la ville de Latamna", située dans la région de Hama et théâtre de violents combats, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Plus au sud, dans la province de Homs (centre), trois civils, dont une femme et son enfant, ont péri dans les bombardements à Qousseir, et un policier dissident a été tué lors de combats, ajoute l'OSDH.

Au même moment, des milliers de personnes étaient rassemblées sur la place Sabaa Bahrart dans le centre de Damas pour marquer le 65ème anniversaire de la naissance du parti Baas au pouvoir en Syrie.

Les manifestants brandissaient des drapeaux aux couleurs de la Syrie et du Baas ainsi que des portraits du président Bachar al-Assad, sur fonds de chansons patriotiques diffusées par des haut-parleurs dans une ambiance festive.

"Dieu, la Syrie, Bachar et c'est tout", "Chabbiha (milices loyales au régime) à vie, pour toi Assad", scandait la foule survoltée.

"Ils l'ont nommée Révolution et ils ont massacré les hommes (...)", a crié une jeune fille à l'adresse des rebelles syriens, debout sur une tribune édifiée pour l'occasion sur la fontaine de la place Sabaa Bahrat.

Ces festivités interviennent alors que le régime de Damas avait organisé en février un référendum sur une nouvelle Constitution, approuvée par 89,4% des votant, ayant aboli la suprématie du parti Baas au pouvoir en Syrie depuis un demi-siècle.

Sur le terrain, les forces armées ont également bombardé samedi la ville de Zabadani à 47 km au nord ouest de Damas. Déployées aux entrées de la ville depuis des mois, elles ont aussi bombardé Rastane dans la région de Homs (centre).

Dans la province d'Idleb (nord-ouest), frontalière de la Turquie, des combats se déroulaient entre soldats et déserteurs, ont indiqué des militants et l'OSDH.

Dans la province de Homs, un "citoyen-journaliste" de 17 ans, Anas al-Halwani a été tué à Jouret al-Chiyah par un tireur embusqué, alors qu'il tentait de soigner un militant Bibars Tallaoui, blessé lui aussi par un franc tireur, selon les Comités locaux de coordination (LCC-opposition) qui chapeautent la contestation sur le terrain.

"Anas est resté six heures allongé sur la chaussée à cause des francs-tireurs" avant que les jeunes ne puissent le tirer avec un fil de fer pour lui apporter des soins. Il est mort peu après", ont indiqué les LCC dans un communiqué.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a estimé vendredi que les attaques du régime syrien étaient "une violation de la position de l'ONU".

Le Conseil de sécurité a adopté jeudi à l'unanimité une déclaration demandant aux autorités syriennes de respecter la limite du 10 avril pour cesser les principales opérations militaires et à l'opposition syrienne de faire de même au plus tard 48 heures plus tard.

"Les autorités syriennes sont entièrement responsables de graves violations des droits de l'Homme. Cela doit cesser", a dit Ban Ki-moon.

La promesse du président Assad de cesser les opérations militaires au plus tard le 10 avril "ne peut servir de prétexte pour continuer à tuer", a indiqué Martin Nesirky, porte-parole de M. Ban.

"De telles actions violent la position consensuelle du Conseil de sécurité", telle que définie dans le plan de paix établi par l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe pour la Syrie Kofi Annan, a-t-il ajouté.

En outre, Ban Ki-moon s'est dit "extrêmement inquiet" de la crise humanitaire qui empire en Syrie, jugeant que les "derniers rapports qui font état d'un nombre grandissant de réfugiés vers les pays voisins sont alarmants".

Le ministre turc des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu avait informé Ban Ki-moon d'un afflux massif de réfugiés syriens vers son pays lors d'une conversation téléphonique jeudi soir, a rappelé Martin Nesirky.

Les violences ont fait 77 morts jeudi et 35 vendredi, en grande majorité des civils.

La Syrie est secouée depuis mars 2011 par une révolte populaire qui s'est militarisée au fil des mois. Selon l'OSDH, les violences ont fait plus de 10.000 morts, en grande majorité des civils.

rm/sw