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07/04/2012 04:57 EDT | Actualisé 06/06/2012 05:12 EDT

Mali: Paris invite à appliquer sans délai l'accord entre junte et Cédéao

La France a "salué" samedi l'accord de sortie de crise signé la veille entre la junte au pouvoir au Mali et la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), et appelé à sa mise en oeuvre "sans délai", a déclaré le chef de la diplomatie Alain Juppé.

La France, a dit le ministre dans une déclaration écrite, "invite tous les acteurs maliens à mettre en oeuvre sans délai les dispositions prévues par l'accord, notamment celles destinées à permettre la tenue des élections présidentielles dans le meilleur calendrier possible".

Deux semaines après avoir renversé le président malien Amadou Toumani Touré, la junte militaire s'est engagée vendredi soir à remettre le pouvoir aux civils dans le cadre d'un accord-cadre avec la Cédéao, prévoyant notamment un président intérimaire en la personne du président de l'Assemblée nationale.

"Cet accord permet le retour à l'ordre constitutionnel au Mali" qui "crée les conditions pour avancer vers la recherche d'une solution politique concernant le Nord", tombé aux mains de rebelles touareg et islamistes, a estimé le ministre.

Paris réitère son appel à la rébellion touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) "à renoncer à sa déclaration unilatérale d'indépendance" proclamée vendredi dans la partie nord du Mali, et "à inscrire son action dans le cadre d'un dialogue politique respectueux de l'ordre constitutionnel malien et de l'unité du pays".

"Dès l'installation des autorités constitutionnelles, la France reprendra sa coopération bilatérale civile et militaire (interrompue après le putsch du 22 mars) au profit du Mali", a ajouté Alain Juppé.

"Le futur gouvernement d'union nationale malien pourra compter sur elle pour travailler au renforcement de l'Etat malien et à la recherche d'une solution politique aux difficultés du Nord-Mali", a-t-il poursuivi.

Vendredi, la Cédéao a menacé de recourir à la force pour préserver "l'intégrité territoriale" du pays après la déclaration d'indépendance du territoire de l'"Azawad", unanimement condamnée par la communauté internationale.

Le ministre français chargé de la Coopération Henri de Raincourt devait appeler ce samedi le président en exercice de la Cédéao, l'Ivoirien Alassane Ouattara, et le médiateur burbinabè Blaise Compaoré pour faire le point sur la situation, a précisé Alain Juppé.

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