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07/04/2012 09:05 EDT | Actualisé 07/06/2012 05:12 EDT

Mali: la médiation de la Cédéao rencontre des responsables du Nord

L'envoyé spécial du médiateur de la Cédéao pour le Mali a rencontré samedi à Bamako plusieurs responsables du nord du Mali, sous contrôle de groupes armés, au lendemain de la signature d'un accord pour la sortie de crise, ont constaté des journalistes de l'AFP.

"Nous sommes venus répondre à l'appel du médiateur de la Cédéao, le ministre burkinabè des Affaires étrangères (Djibrill Bassolé) qui a demandé d'échanger avec les notables et les élus du Nord", a expliqué à l'AFP Abdou Abdoulaye Sidibé, député de Gao, une des trois régions du vaste Nord, avec celles de Kidal et Tombouctou.

"Il n'y avait rien de formel, c'était une rencontre d'échanges" dans un hôtel proche du centre-ville, a dit anonymement un homme d'affaires qui y a participé.

Selon lui, les deux parties ont "discuté de la situation sur le terrain et de ce que prévoit l'accord" signé vendredi par le chef de la junte militaire, le capitaine Amadou Sanogo, et M. Bassolé, mandaté par le président burkinabè Blaise Compaoré, médiateur de la Cédéao pour la crise malienne.

Fin mars, Kidal, Gao et Tombouctou sont tombées sous le contrôle notamment du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), qui a déclenché mi-janvier une rébellion marquée par des attaques contre des positions de l'armée.

Leur contrôle est aussi revendiqué par Ansar Dine, mouvement islamiste armé dirigé par le chef touareg Iyad Ag Ghali, ainsi que Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), qui affirment vouloir y instaurer la charia.

Lors de la rencontre avec M. Bassolé, "il y a eu beaucoup de pistes" évoquées pour sortir de la situation, suscitant "beaucoup d'espoir" chez les responsables du Nord, et le médiateur a manifesté "beaucoup de disponibilité de la part des pays de la Cédéao", a indiqué Ahmed Elkori, autre participant.

"Les pays de la Cédéao vivent la menace autant que les Maliens, ils la ressentent et je parle de la menace des autres groupes armés", a ajouté M. Elkori, un analyste politique originaire de Tombouctou.

"Nous sommes les premières victimes" de ces groupes armés, "mais les pays de la Cédéao sont conscients que cela peut être une menace pour eux aussi", a-t-il dit.

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