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07/04/2012 08:14 EDT | Actualisé 07/06/2012 05:12 EDT

Mali: des femmes réclament la paix, dénoncent les violences dans le Nord

Plusieurs dizaines de femmes ont manifesté samedi à Bamako, en réclamant la paix au Mali et dénonçant les agressions et violences commises dans le nord du pays, sous contrôle de rebelles touareg et groupes islamistes armés, a constaté un journaliste de l'AFP.

"La paix, rien que la paix!", "Le Mali est un et indivisible!", "Libérez le Nord!", "Pour les femmes et les jeunes, l'unité nationale n'est pas négociable", ont notamment scandé des manifestantes, qui ont marché sur une courte distance avant de se rassembler près de l'Institut français de Bamako, sans incident.

"C'est désolant, c'est préoccupant (...)! Au troisième millénaire, ce qui se passe au Nord-Mali n'est pas digne des êtres humains!", a déclaré à l'AFP Mme Oumou Touré, présidente de la Coordination des associations et ONG féminines du Mali (Cafom).

"Nous avons entendu des cris des femmes qu'on viole dans l'indignité! On a entendu des enfants! On a coupé des mains! (...) C'est une honte totale!", a ajouté Mme Touré.

Fin mars, Kidal, Gao (nord-est) et Tombouctou (nord-ouest), capitales de trois régions administratives du nord du Mali, sont tombées sous le contrôle de rebelles touareg et surtout de groupes islamistes armés, qui affirment vouloir y instaurer la charia.

Depuis, des violences ont été rapportées dans ces zones, devenues inaccessibles à la presse et aux organisations internationales, et que fuient des centaines de civils.

Selon la junte militaire au pouvoir depuis le 22 mars, les nouveaux maîtres du Nord ont commis "de graves violations des droits de l'homme", dont des viols, particulièrement à Gao. De nombreux habitants ont fait état de saccages et pillages d'envergure à Gao et Tombouctou, de moindre ampleur à Kidal, alors que ces régions étaient déjà confrontées à une sévère crise alimentaire.

hgm-cs/jlb