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07/04/2012 03:59 EDT | Actualisé 06/06/2012 05:12 EDT

Malawi: la mort du président confirmée, la vice-présidente doit lui succéder

Les autorités malawites ont fini par annoncer samedi le décès du président Bingu wa Mutharika, plus de 24 heures après sa mort, ajoutant qu'elles respecteraient la Constitution, selon laquelle le pouvoir doit revenir à la vice-présidente Joyce Banda, une opposante.

"Nous sommes tristes d'annoncer que le président du Malawi, Bingu wa Mutharika, est mort. (...) la Constitution sera respectée pour la transition", a déclaré le secrétaire de la présidence et du gouvernement Bright Msaka dans un communiqué lu à la radio nationale.

"La présidence et le gouvernement tiennent à assurer tous les Malawites, et la communauté internationale, que la Constitution du Malawi sera strictement respectée pour la gestion de la transition", a répété M. Msaka dans un autre communiqué, appelant la population à rester "unie et pacifique".

La loi fondamentale prévoit que le vice-président prenne la succession au cas où le président serait empêché ou décédé.

Le pouvoir doit donc revenir à la vice-présidente Joyce Banda, quand bien même celle-ci est passée dans l'opposition depuis qu'elle a été exclue du parti fin 2010 du Parti démocrate progressiste (DDP), le parti gouvernemental, pour s'être opposée à la volonté du président de voir son frère Peter lui succéder.

"Je ne pense pas que nous puissions discuter de quelque façon que ce soit qui est en charge (président) et qui ne l'est pas", a déclaré Mme Banda lors d'une conférence de presse en présence des chefs de l'armée et de la police nationale, du ministre de la Justice et de plusieurs ministres et parlementaires.

"La Constitution prévaut, maintenant.", a-t-elle dit.

Sans dire directement qu'elle prenait la succession de Bingu wa Mutharika, elle a agi comme si elle était déjà présidente, convoquant un conseil des ministres pour plus tard dans la journée.

Des sources proches du pouvoir avaient indiqué à l'AFP que les dirigeants du DDP cherchaient à l'écarter, ce qui expliquerait le long silence des autorités.

C'est pour gagner du temps que le corps du président aurait été expédié en Afrique du Sud. Les autorités ont annoncé samedi que Bingu wa Mutharika a été déclaré mort à son arrivée à un hôpital de Pretoria jeudi soir, mais des sources médicale et gouvernementale malawites ont indiqué à l'AFP que son cadavre y a été envoyé plus tard pour y être embaumé.

Victime d'un infarctus, Bingu wa Mutharika, 78 ans, s'était effondré jeudi matin au palais présidentiel et avait été transporté inconscient à l'hôpital central de la capitale Lilongwe.

Des sources médicale et gouvernementales avaient annoncé sa mort sous couvert d'anonymat dès vendredi matin, mais les autorités étaient restées parfaitement muettes, laissant le pays en proie aux rumeurs. La ministre de l'Information Patricia Kaliati avait encore dit vendredi soir que le président était "toujours vivant".

Le gouvernement américain a apporté un puissant soutien à Joyce Banda vendredi soir: "La Constitution du Malawi décrit clairement ce que doit être la succession et nous souhaitons qu'elle soit suivie", a déclaré dans un communiqué Johnnie Carson, secrétaire d'Etat adjoint aux Affaires africaines.

"Nous nous inquiétons du retard pris dans ce transfert du pouvoir, mais nous avons confiance dans le fait que la vice-présidente (...) sera prochainement investie", a-t-il ajouté.

Le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague, représentant l'ancienne puissance coloniale, a lancé samedi un appel au calme "à toutes les parties" au Malawi et appelé à une "transition pacifique, comme le prévoit la Constitution" du pays, après l'annonce du décès du président.

Aucune date n'a encore été fixée pour les funérailles du président Mutharika ni pour la probable investiture de Joyce Banda.

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