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07/04/2012 01:42 EDT | Actualisé 07/06/2012 05:12 EDT

La pénurie de main-d'oeuvre s'intensifie dans le secteur de la restauration

MONTRÉAL - La pénurie de main-d'oeuvre s'intensifie dans le secteur de la restauration. Devant le manque d'effectifs, certaines restaurateurs se tournent vers l'étranger, tant pour les chefs que pour les employés des cuisines.

Sauf que là non plus, les ressources ne pleuvent pas. François Meunier, porte-parole de l'Association des restaurateurs du Québec, soutient que la France peine aussi à suffire à la demande.

En France, ce sont 50 000 postes qui sont à pourvoir, alors qu'au Québec, uniquement pour 2011, 8000 emplois ont été créés. Les centres de formation ne suffisent pas à former suffisamment de main-d'oeuvre pour combler les besoins, selon l'Association des restaurateurs.

François Meunier, qui prône de travailler sur différents fronts, ne croit pas aux recettes miracles.

En 2005, l'Association avait d'ailleurs tenu un congrès sur le sujet. Force est d'admettre que sept ans plus tard, la situation ne s'est pas améliorée et le secteur fait face aux mêmes difficultés. La région de Québec est l'un des endroits les plus sensibles aux problèmes de ressources.

Des pistes de solutions, principalement au chapitre de la gestion des ressources humaines, sont toutefois à portée de mains.

«Dans l'avenir, les restaurateurs performants seront ceux qui auront des aptitudes fortes en gestion des ressources humaines qui sauront s'entourer de personnes, de meneurs d'équipes pour viser l'excellence», avance François Meunier.

Il encourage également les programmes d'apprentissage en milieu de travail et aimerait que la formation en entreprise soit reconnue.

Le tourisme fait aussi partie de la solution comme du problème. La restauration et le tourisme gastronomique attirent une clientèle diversifiée, tant au Québec qu'à l'étranger. Cette offre, conjuguée à un excellent rapport qualité-prix, se traduit aussi par des besoins liés au succès des tables d'ici.

Cette tendance se remarque non seulement à Montréal, où Tourisme Montréal fait de la restauration un élément porteur pour les cinq prochaines années, mais aussi à Québec et dans les régions.

«Il y a une nécessité d'investir pour attirer les touristes étrangers, mais il ne faut pas oublier que 80 pour cent de la clientèle est composée de la population locale», précise M. Meunier.

Le porte-parole de l'Association des restaurateurs avance également que la clientèle d'affaires peut apporter beaucoup au secteur. Il déplore toutefois les changements fiscaux qui ont négligé les bénéfices possibles en amenuisant les déductions fiscales pour frais de repas depuis 10 ans.

«On souhaite que le gouvernement considère que chaque dollar dépensé dans un restaurant représente de des taxes, des impôts et des emplois. Encourager la consommation au restaurant est rentable pour le gouvernement à long terme», conclut François Meunier.