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07/04/2012 10:28 EDT | Actualisé 07/06/2012 05:12 EDT

La communauté Noire de Tulsa craint un tueur toujours en liberté dans la ville

TULSA, États-Unis - Des résidants du quartier majoritairement Noir du nord de Tulsa, en Oklahoma, ont indiqué samedi qu'ils craignaient qu'un tireur soit encore en liberté dans leur voisinage, cherchant de nouvelles victimes après que cinq personnes aient été touchées par balle —et que trois soient mortes — la veille.

La police attend toujours les résultats des tests médico-légaux, mais les enquêteurs croient que les fusillades sont liées parce qu'elles sont survenues approximativement au même moment dans un rayon de cinq kilomètres, et que les cinq victimes prenaient une marche lorsqu'elles ont été abattues. Toutes les victimes sont également Noires, et les membres de la communauté se sont rencontrés cette fin de semaine afin de calmer les craintes.

L'une des victimes a déclaré à la police que le tireur était un homme blanc conduisant une camionnette blanche qui s'arrêtait pour demander des directions avant d'ouvrir le feu. Le policier Jason Willingham a déclaré samedi que le véhicule avait été repéré à proximité de trois des attaques.

Selon M. Willingham, l'enquête n'évolue pas actuellement dans une direction précise, mais continue de suivre son cours. Plus de 20 policiers enquêtent sur l'affaire, en plus du FBI, du U.S. Marshals Service et d'autres agences, a ajouté M. Willingham.

Alors que les enquêteurs sont à la recherche du tueur, la tension et la peur chez certains habitants Noirs de la ville est palpable.

Selon le révérend Warren Blakney, président du chapitre de Tulsa de la National Association for the Advancement of Colored People (NAACP), une organisation de défense des droits de la personne, un «profond manque de confiance» entre la communauté Noire et le service de police a soulevé l'inquiétude selon laquelle les attaques ne feraient pas l'objet d'une enquête approfondie.

Il a d'ailleus contacté la police pour souligner l'importance que les deux groupes travaillent ensemble pour éviter que les gens ne se fassent justice eux-mêmes.

«Nous devons gérer cela parce qu'il y a un nombre d'adultes afro-américains qui ne laisseront pas ce genre de choses se produire dans leur quartier», a-t-il dit.

La réputation de la police de Tulsa a été entachée par des accusations de corruption. Trois ex-policiers et un ancien agent fédéral ont été condamnés à la prison, en décembre, après qu'une enquête de deux ans impliquant des allégations de mandats d'arrêt falsifiés, d'informateurs non-existants, de parjure et de vol de drogues et d'argent. Deux autres anciens policiers ont été acquittés d'accusations de vol d'argent lors d'une opération du FBI, mais ont été renvoyés après une enquête des affaires internes.

Plus d'une demi-douzaine de poursuites ont été intentées par des gens affirmant avoir été injustement emprisonnés par la police, et près de 40 personnes ont vu leurs condamnations renversées ou leurs peines de prison annulées en lien avec l'enquête sur la corruption. Des procureurs ont émis l'hypothèse que les cinq policiers accusés faisaient partie d'un plan plus large dans le cadre duquel les policiers corrompus volaient de l'argent et des drogues, menaient des fouilles illégales et fabriquaient des preuves sans craindre d'être pris.