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07/04/2012 04:18 EDT | Actualisé 06/06/2012 05:12 EDT

Irak: procès le 13 mai d'un patron de télévision controversé

Le patron irakien de la chaîne de télévision Arraï, qui s'est rendue célèbre en devenant l'unique porte-voix de Mouammar Kadhafi jusqu'à sa mort, sera jugé le 13 mai à Bagdad pour "dilapidation de fonds publics", a indiqué samedi à l'AFP son avocat.

Ancien député sunnite, Michane al-Joubouri, 54 ans, est accusé avec son fils Yazen de n'avoir pas respecté un contrat pour la fourniture de nourriture à la police chargée de la protection des installations pétrolières. Il avait été condamné par contumace à 15 ans de prison en 2007 par un tribunal de Bagdad pour ces faits.

"Lors de sa venue en Irak le 21 mars, Michane Joubouri a été blanchi de l'accusation d'apologie du terrorisme, après qu'il eut démontré avoir licencié un journaliste syrien de sa chaîne Arraï qui avait diffusé un documentaire expliquant comment fabriquer des bombes", a affirmé Me Tarek al-Maamouri.

Il lui reste encore à être blanchi dans cette affaire de dilapidation. Il avait dû verser en mars une caution de 100 millions de dinars (84.000 dollars) pour sortir libre du tribunal.

"Je reviens m'installer la semaine prochaine à Bagdad et je suis en train d'effectuer les démarches pour transférer ma chaîne en Irak. Je serai présent à mon procès et mon fils viendra plus tard", a déclaré à l'AFP M. al-Joubouri joint par téléphone à Damas.

Après avoir fui l'Irak où, selon lui, les forces américaines voulaient l'éliminer, Michane al-Joubouri s'est rendu en Syrie pour y fonder en 2007 Arraï (l'opinion), devenue depuis Ach Chaab (le Peuple). La chaîne est abritée dans un hangar de 250 m2, hérissé de paraboles, dans son jardin à la sortie de Damas.

Grâce à ses relations tribales, il avait négocié en 2003 l'entrée sans combat des forces kurdes et américaines à Mossoul (nord) et était même devenu pendant quelques mois gouverneur de la province.

En mars 2005, le groupe parlementaire chiite avait refusé sa candidature à la présidence du Parlement, et un mois plus tard, celui qui affirmait vouloir "représenter l'insurrection au Parlement" avait échappé à un attentat-suicide contre son convoi.

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