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07/04/2012 12:48 EDT | Actualisé 07/06/2012 05:12 EDT

Arrivée à Bamako de Dioncounda Traoré, futur président intérimaire du Mali

Le président de l'Assemblée nationale du Mali, Dioncounda Traoré, qui doit diriger son pays aux termes de l'accord conclu entre la junte et la médiation burkinabè pour le transfert du pouvoir à des civils, est arrivé samedi en fin de journée à Bamako, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Venu de Ouagadougou dans un avion de ligne burkinabè, M. Traoré, en costume et cravate, souriant et l'air décontracté, a été accueilli par le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Djibrill Bassolé, et des parlementaires. Il n'a pas fait de déclaration à la presse.

Il a brièvement rencontré à l'aéroport des membres de la junte militaire ayant pris le pouvoir le 22 mars, dont le porte-parole des putschistes, le lieutenant Amadou Konaré.

Dans une déclaration lors d'une rencontre avec la classe politique diffusée samedi soir par la télévision publique ORTM, Dioncounda Traoré a salué la junte pour avoir accepté de rétablir l'ordre constitutionnel aux termes de l'accord signé la veille avec la médiation de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao).

D'après cet accord, le président Amadou Toumani Touré, renversé le 22 mars, doit officiellement présenter sa démission, puis le chef de la junte déclenchera le processus pour faire constater la vacance du pouvoir, ce qui permettra d'investir Dioncounda Traoré.

Un Premier ministre de transition "disposant des pleins pouvoirs" sera nommé, avec pour mission "de gérer la crise dans le nord du Mali et d'organiser des élections libres, transparentes et démocratiques conformément à une feuille de route" à déterminer, avec "un gouvernement d'union nationale de transition composé de personnalités consensuelles". La junte doit bénéficier d'une amnistie.

"Je voudrais féliciter ces jeunes officiers qui, quand même, ont eu la sagesse et l'intelligence de comprendre qu'aujourd'hui, notre pays a besoin d'unité, de solidarité. Notre pays a besoin de son armée pour recouvrer l'ensemble de son territoire", a affirmé Dioncounda Traoré à l'ORTM.

"Je pense que ce que l'histoire retiendra de ces moments difficiles que nous traversons, c'est que nous avons fait en sorte de relever le défi. (...) Ma volonté et ma détermination sont égales aux vôtres" pour sortir le Mali de la crise, a-t-il ajouté.

Dioncounda Traoré s'est entretenu avec M. Bassolé, et devrait rencontrer dimanche le chef de la junte, le capitaine Amadou Sanogo, selon l'entourage de la junte.

Aucune date n'a été communiqué pour son investiture comme président intérimaire du Mali, le calendrier étant "géré par la médiation burkinabè. (...) Mais il y a pas mal de choses à faire avant qu'il puisse être investi, je pense qu'une journée ne suffira pas", a dit à l'AFP un de ses proches.

En raison de l'engagement écrit de la junte à rétablir l'ordre constitutionnel, le président en exercice de la Cédéao, le chef de l'Etat ivoirien Alassane Ouattara, "en accord avec ses pairs, décide de la levée immédiate de toutes les sanctions contre le Mali", selon une déclaration lue devant la presse par le ministre ivoirien de l'Intégration africaine, Adama Bictogo, qui était à l'aéroport à l'arrivée de Dioncounda Traoré.

M. Ouattara remercie les dirigeants ouest-africains, africains et la communauté internationale, "notamment les Etats-Unis et la France, pour leurs efforts en vue du retour à l'ordre constitutionnel au Mali", a-t-il indiqué.

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