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22/03/2012 01:12 EDT | Actualisé 22/05/2012 05:12 EDT

Gentilly-2: Gignac sur la défensive à propos d'une somme de 275 millions $

QUÉBEC - Le ministre des Ressources naturelles, Clément Gignac, a eu de la difficulté à expliquer pourquoi le dernier budget prévoit 275 millions $ pour la réfection de la centrale nucléaire Gentilly-2, alors que son gouvernement n'a encore annoncé aucune décision finale dans ce dossier.

L'opposition péquiste a talonné M. Gignac à ce sujet, jeudi, lors de la période des questions, soutenant que le ministre ignorait que cette information se trouvait dans le plan budgétaire présenté mardi.

Selon le document, «les travaux de réfection de la centrale Gentilly-2 s'élèvent à 275 millions $ en 2012 et à 22 millions $ en 2013».

Le député péquiste Bernard Drainville a accusé le gouvernement d'avoir une position contradictoire dans ce dossier.

M. Drainville a déclaré en Chambre que M. Gignac semblait pris de court par sa question portant sur l'investissement prévu par Hydro-Québec.

«Visiblement, le ministre n'était pas au courant qu'il y avait 275 millions $ de budgétés pour Gentilly, a-t-il dit. Là, il patine, il fait ce qu'il peut pour essayer de se dépêtrer de ça mais ne répond pas à la question.»

Tout en répétant que la décision finale n'est pas encore prise, M. Gignac a commencé par dire que le président d'Hydro-Québec, Thierry Vandal, serait en mesure de donner plus d'explications aux parlementaires lors de l'étude des crédits de la société d'État.

Finalement, le ministre a avancé que peu importe la décision de démanteler la centrale ou de la rénover, des investissements sont nécessaires.

«Quand on a une centrale, on doit investir, et on doit l'entretenir, a-t-il dit. Que ce soit pour un déclassement ou pour une réfection, il faut s'en occuper. Il y a une question de sécurité.»

Après la période des questions, M. Gignac a rencontré les journalistes pour préciser que les sommes inscrites au budget demeurent encore hypothétiques.

«C'est des prévisions d'investissements qu'Hydro-Québec avait déjà comptabilisés, mais qui ne seront pas nécessairement dépensés», a-t-il dit.

Hydro-Québec avait décidé en 2008 d'entreprendre la réfection de la centrale, au coût de 2 milliards $. Mais compte tenu de dépassements de coûts dans la rénovation d'autres centrales nucléaires, dont celle de Pointe-Lepreau au Nouveau-Brunswick, le gouvernement a exigé des analyses supplémentaires à sa société d'État.

Une porte-parole d'Hydro-Québec, Marie-Élaine Deveault, a déclaré qu'en attendant la décision finale, la société d'État maintenait le cap avec le chiffre de 275 millions $ prévu dans son plan stratégique 2009-2013.

«Ce sont les chiffres qui étaient là effectivement en prévision d'une réfection, a-t-elle dit. Comme on est en attente, il n'y a rien qui bouge au niveau de la réévaluation des chiffres.»

Lors de son point de presse, M. Gignac a rappelé que le gouvernement a toujours eu «un préjugé favorable pour la réfection», mais qu'il attend le résultat des travaux à Pointe Lepreau pour décider s'il faut aller de l'avant à Gentilly.

«Quand on saura exactement les coûts de réfection de Pointe Lepreau, le gouvernement va prendre sa décision», a-t-il dit.

Le Parti québécois est opposé à la réfection de la centrale nucléaire, proposant de déclasser l'installation.

Dans son état actuel, la fin de la vie utile de la centrale est prévue à l'été 2013. Mais la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) a demandé à Hydro-Québec d'arrêter le réacteur de la centrale au plus tard le 31 décembre 2012.