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22/03/2012 09:25 EDT | Actualisé 22/05/2012 05:12 EDT

Ban Ki-moon exhorte en vain au cessez-le-feu en Syrie

BEYROUTH - Le secrétaire général des Nations unies a exhorté Damas, jeudi, à cesser les violences pour permettre un acheminement de l'aide humanitaire, alors que de nouveaux affrontements ont opposé soldats et rebelles dans plusieurs régions du pays.

Les forces syriennes ont affronté les rebelles dans la province de Deraa, dans le sud du pays, en périphérie de Damas et à Hama, dans le centre.

En visite en Malaisie, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a réaffirmé qu'il fallait un cessez-le-feu pour que l'aide humanitaire soit distribuée à la population.

«Personne n'envisage des opérations militaires» pour résoudre la crise, mais la Croix-Rouge a proposé une trêve de quelques heures chaque jour pour acheminer de l'aide humanitaire, a-t-il précisé.

L'ONU estime que la répression de la contestation contre le régime du président Bachar el-Assad a fait plus de 8000 morts en un an. Confronté à la riposte violente des forces gouvernementales, le mouvement initialement pacifique a évolué en insurrection armée qui menace de faire basculer le pays dans la guerre civile.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a surmonté ses divisions mercredi pour publier une déclaration non contraignante de soutien au plan en six points de Kofi Annan, émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe en Syrie, qui prévoit notamment un cessez-le-feu à l'initiative du gouvernement syrien, un arrêt quotidien des combats pendant deux heures pour permettre l'évacuation des blessés et l'acheminement de l'aide humanitaire, et l'ouverture d'un dialogue politique entre toutes les parties pour chercher une solution.

Damas a souligné que la déclaration ne comportait ni menace de sanctions ni ultimatum, tandis que l'opposition a estimé qu'elle arrivait trop tard.

Des militants ont fait état de dizaines de morts jeudi, dont au moins 12 membres des forces gouvernementales.

«Comment l'armée pourrait-elle lever ses postes de contrôles pendant deux heures? Ce sont des discours vides, de la politique et nous en avons assez de toutes ces décisions», a lancé un opposant à Idlib, Fadi al-Yassin, interrogé par téléphone.

Une partie croissante des opposants réclament une action internationale, mais les États-Unis et l'Europe excluent une intervention militaire, tandis que le Qatar, l'Arabie saoudite et la Libye se disent favorables à l'armement des rebelles, au risque que le conflit échappe à tout contrôle.

Jeudi, des groupes d'opposition ont rapporté une intensification des assauts contre les bastions de l'insurrection. Les forces syriennes ont bombardé le quartier d'Arbaïn, à Hama, et se sont battus avec les rebelles pour tenter d'entrer dans la ville de Sarmin, dans le nord du pays.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, une organisation établie à Londres, les troupes ont tiré sur un autocar civil qui quittait Sarmin, tuant dix personnes, dont des femmes et enfants. Les Comités locaux de coordination ont fait état de 13 morts dans cette attaque, précisant que l'autocar emmenait le groupe vers un camp de réfugiés situé de l'autre côté de la frontière, en Turquie.

Les militants ont recensé 59 morts à travers le pays au cours de la journée.