NOUVELLES
21/03/2012 11:01 EDT | Actualisé 21/05/2012 05:12 EDT

Les victimes de la fusillade de Toulouse inhumées en Israël

JÉRUSALEM - La douleur et l'émotion de Toulouse se sont transportées en Israël. Le rabbin et les trois enfants tués lundi devant une école juive de Toulouse ont été inhumés mercredi à Jérusalem, en présence de leurs proches, en sanglots devant leurs tombes, et de nombreuses personnalités, dont le chef de la diplomatie française Alain Juppé.

Le rabbin Jonathan Sandler, ses fils Gabriel et Arieh, âgés de trois et cinq ans, et Myriam Monsenego, la fille du directeur de l'école âgée de huit ans, ont été abattus lundi matin devant le collège-lycée Ozar Hatorah, situé dans le quartier résidentiel de la Roseraie, dans le nord-est de Toulouse.

En France, plusieurs centaines de policiers encerclaient toujours mercredi l'immeuble où était retranché un jeune homme de 24 ans, soupçonné d'être l'auteur de cette fusillade et de deux autres qui ont coûté la vie à trois parachutistes à Toulouse et à Montauban.

L'heure était au recueillement en Israël, où les victimes ont été inhumées à la demande des familles. Les enfants avaient la double nationalité franco-israélienne et le rabbin avait vécu en Israël pendant plusieurs années avant de s'installer en France.

Lors de la cérémonie, le frère aîné de Myriam, Avishai, âgé d'une vingtaine d'années, a demandé à Dieu de donner à ses parents la force de «surmonter la pire épreuve qui soit». Au nom des quatre enfants Monsenego encore vivants, il a imploré son père et sa mère de «tenir bon».

Plusieurs centaines de personnes, dont certaines en larmes, se sont massées autour des dépouilles des victimes, arrivées de France par avion mercredi matin. Le rabbin Sandler et ses deux fils avaient été enveloppés des châles de prière blancs, alors que la petite Myriam reposait dans du velours noir.

Les dépouilles ont ensuite été mises en terre. Plus tard, la jeune veuve du rabbin, Eva, s'est avancée jusqu'aux tombes de son mari et de ses fils et a posé les mains sur la terre fraîche.

«Rentrez à la maison», a-t-elle dit en français. Selon les médias israéliens, la jeune femme est enceinte. Elle est arrivée en Israël pour les obsèques avec son unique enfant survivant.

Les dirigeants de la communauté juive de France et le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé avaient également fait le déplacement en Israël, de même que de nombreux proches des victimes.

«L'agression d'un juif en France n'est pas l'affaire des juifs seulement», a souligné le chef de la diplomatie française, rappelant que «l'antisémitisme est contraire à toutes les valeurs de la France».

Le président du Parlement israélien, Reuven Rivlin, a pour sa part déploré que le peuple juif soit «à nouveau confronté à des bêtes féroces (...) dirigées par la haine».

Le premier ministre palestinien Salam Fayyad a dénoncé les fusillades dans un communiqué et a condamné le lien établi avec les enfants palestiniens. Selon le ministre français de l'Intérieur, le suspect aurait dit vouloir venger les enfants palestiniens tués au Proche-Orient.

«Il est temps que ces criminels arrêtent de revendiquer leurs actes terroristes au nom de la Palestine», a dénoncé Salam Fayyad. «Les enfants de la Palestine ne demandent rien d'autre qu'une vie décente, pour eux-mêmes et pour tous les enfants du monde.»