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21/03/2012 01:41 EDT | Actualisé 21/05/2012 05:12 EDT

Le Conseil de sécurité de l'ONU soutient le plan de paix de Kofi Annan en Syrie

BEYROUTH - Le Conseil de sécurité des Nations unies a apporté son soutien, mercredi, au plan de paix de Kofi Annan destiné à mettre fin aux violences en Syrie, selon le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon.

L'ONU estime que la répression de la contestation contre le régime du président Bachar el-Assad a fait plus de 8000 morts en un an. Le mouvement initialement pacifique a évolué en insurrection armée qui menace de faire basculer le pays dans la guerre civile.

Les liens étroits entre le régime syrien, l'Iran et le Hezbollah chiite libanais font craindre que les violences ne s'étendent au-delà des frontières de la Syrie, surtout si d'autres pays arment les rebelles ou envoient des troupes. La plupart des pays s'opposent à une intervention armée, redoutant d'aggraver le conflit.

«Nous ne savons pas comment la situation va évoluer, mais nous savons que nous avons la responsabilité de travailler à un règlement de cette crise profonde et extrêmement dangereuse (...) qui pourrait avoir des répercussions énormes dans la région et le monde entier», s'est ému Ban Ki-moon, en visite à Jakarta, la capitale indonésienne.

Des opposants syriens ont fait état mercredi de bombardements de bastions de l'insurrection par les forces gouvernementales, notamment dans la province centrale de Homs, ainsi que de combats entre des déserteurs et des soldats dans les banlieues de Damas.

L'Armée syrienne libre, à laquelle se sont ralliés des milliers de déserteurs, constitue le groupe armé le plus puissant de l'opposition syrienne, mais il manque de puissance de feu et d'organisation.

La situation s'est encore dégradée ces derniers jours avec une série d'attentats à la bombe de grande ampleur perpétrés près de bâtiments gouvernementaux des services de sécurité à Damas et dans la ville d'Alep, dans le nord. Les autorités américaines ont suggéré que des jihadistes d'Al-Qaïda pourraient tenter d'exploiter le chaos actuel en Syrie.

Mercredi, un groupe appelé le «Front Al-Nusra pour la protection du Levant» a revendiqué sur un site islamiste plusieurs attentats, dont les deux visant des bâtiments gouvernementaux qui ont fait au moins 27 morts samedi à Damas, selon l'agence de presse officielle SANA. L'Associated Press n'a pas été en mesure de vérifier l'authenticité du communiqué.

Le Front al-Nusra exige que «le régime (syrien) cesse de massacrer les sunnites» ou se prépare à subir un sort «plus amer et plus douloureux». La plupart des sympathisants d'Al-Qaïda sont des extrémistes sunnites.

À New York, les 15 membres du Conseil de sécurité de l'ONU ont approuvé une déclaration présidentielle non contraignante qui appelle le gouvernement syrien et l'opposition à mettre en oeuvre immédiatement les propositions de Kofi Annan, émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe en Syrie. Ce projet inclut notamment un cessez-le-feu et l'ouverture de négociations politiques.

Pour obtenir le soutien de la Russie et de la Chine, alliées de Damas qui ont opposé leur veto à deux reprises à des résolutions contraignantes condamnant la répression exercée par le régime syrien, la France a édulcoré la déclaration en éliminant la notion de «mesures supplémentaires», qui pourraient entraîner des sanctions ou une action militaire.