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21/03/2012 02:40 EDT | Actualisé 21/05/2012 05:12 EDT

L'ambassadrice démissionnaire du Canada en Libye attend un nouveau poste

OTTAWA - Lorsqu'elle est retournée à Tripoli l'automne dernier, Sandra McCardell voulait voir si les employés libyens de l'ambassade canadienne avaient survécu aux six mois de bombardements de l'OTAN qui ont précédé la mort du dictateur Mouammar Kadhafi.

Mme McCardell devait superviser la réouverture de l'ambassade, mais le retour de l'ambassadrice canadienne en Libye s'est révélé bref. Elle a été démise de ses fonctions après que des allégations concernant un potentiel conflit d'intérêts en lien avec les activités de son mari eurent été avancées.

Des responsables du gouvernement canadien ont toutefois laissé entendre que les doutes dont fait l'objet Mme McCardell seront éventuellement dissipés et qu'elle pourra reprendre du service dans un autre pays arabe.

Ces responsables, qui n'étaient pas autorisés à parler publiquement du cas de Mme McCardell, ont indiqué qu'elle est de retour au Canada depuis le mois de novembre. Elle suit des cours intensifs d'arabe, comme elle s'était engagée à le faire l'été dernier dans le cadre d'un programme de formation professionnelle..

Le poste d'ambassadeur en Libye est considéré cmme l'un des emplois les plus difficiles pour le service extérieur canadien. Mme McCardell avait supervisé la fermeture de l'ambassade en février 2011 lorsque la campagne de l'OTAN a débuté pour protéger les civils libyens des forces fidèles au colonel Kadhafi.

Le bureau du ministre des Affaires étrangères a clairement indiqué qu'elle jouit toujours de la confiance du ministre John Baird. Elle est toujours considérée comme une étoile montante au sein du service extérieur canadien.

«Mme McCardell est l'ancienne ambassadrice du Canada en Libye et attend d'être informée de sa prochaine affectation», a déclaré le porte-parole de M, Baird, Chris Day. «Notre chargé d'affaires à Tripoli assurera l'intérim jusqu'à ce qu'un nouvel ambassadeur ne soit choisi.»

«Le ministre Baird a clairement fait part de sa satisfaction face au travail accompli par Mme McCardell pour assurer la sécurité des Canadiens sur le terrain pendant l'opération de la libération en Libye», a fait valoir le porte-parole.

En janvier dernier, John Baird avait demandé à son sous-ministre d'ouvrir une enquête interne sur des allégations de conflit d'intérêts qui planaient sur le mari de Mme McCardell, Edis Zagorac, soupçonné d'entretenir des relations d'affaires avec la famille Kadhafi.

Le mois suivant, Radio-Canada révélait que M. Zagorac avait été recruté par SNC-Lavalin pour diriger une unité d'ingénierie chargée de réaliser des projets développés conjointement par la firme montréalaise et le régime de l'ancien dictateur Mouammar Kadhafi.

Sandra McCardell aurait également dévoilé régulièrement les activités professionnelles de son époux au ministère des Affaires étrangères afin de s'assurer qu'elle ne contrevenait pas au code d'éthique en vigueur. Elle était en poste depuis juillet 2009.

En octobre dernier, Sandra McCardell avait accompagné John Baird à Tripoli pour souligner la réouverture officielle de l'ambassade du Canada en Libye. Elle l'avait emmené visiter Bab al-Azizia, l'ancien quartier général du régime Kadhafi.

Mouammar Kadhafi a été renversé en août. Il était toujours en cavale lorsque le ministre Baird et Mme McCardell ont rouvert l'ambassade, le 11 octobre. L'ancien dictateur a ensuite été capturé et exécuté par les membres de l'une des milices qui avaient pris les armes pour faire tomber le régime Kadhafi.