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21/03/2012 02:06 EDT | Actualisé 21/05/2012 05:12 EDT

La Birmanie confirme la présence d'observateurs internationaux aux législatives

PHNOM PENH, Cambodge - Le président birman Thein Sein a confirmé, mercredi, que certains observateurs étrangers, notamment américains et européens, seraient autorisés à superviser les élections législatives du 1er avril, considérées comme un test historique de la volonté de réformes du régime birman.

En visite officielle au Cambodge, le président birman, arrivé en poste depuis un an, a précisé que chacun des dix pays membres de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN) pourrait envoyer deux délégués officiels pour observer le scrutin, selon le porte-parole du gouvernement cambodgien, Khieu Kanharith.

Selon M. Kanharith, Thein Sein a expliqué au premier ministre cambodgien, Hun Sen, que les pays «partenaires de dialogue» de l'ASEAN (Australie, Canada, Chine, Union européenne, Inde, Japon, Nouvelle-Zélande, Corée du Sud, Russie et États-Unis) seraient eux aussi invités à envoyer chacun une petite délégation.

L'ex-junte militaire avait rejeté toute présence d'observateurs internationaux lors des deux derniers scrutins qu'a connus le pays, en 2010 et 1990.

Toujours selon Khieu Kanharith, le président birman a interrogé son hôte au sujet de son expérience en matière d'observateurs électoraux étrangers. Tout comme Thein Sein, Hun Sen est accusé de préserver un régime autoritaire derrière une démocratisation de façade.

À Washington, la porte-parole du département d'État, Victoria Nuland, a confirmé que les États-Unis avaient été invités par les autorités birmanes à envoyer deux délégués et trois journalistes.

«C'est un premier pas important», a-t-elle estimé au cours d'un point presse, jugeant cependant que la «transparence électorale complète» n'était pas encore au rendez-vous. «Nous espérons qu'ils continueront à garder l'ouverture du système et à l'ouvrir plus», a dit Mme Nuland.

Les élections législatives partielles du 1er avril visent à pourvoir 48 sièges devenus vacants au cours de l'année écoulée.

L'icône de l'opposition démocratique birmane, Aung San Suu Kyi, lauréate du prix Nobel de la paix, est en lice pour un siège et a recueilli un énorme soutien au cours de sa campagne dans tout le pays.

Depuis 2010, la Birmanie a amorcé une ouverture avec quelques réformes et un gouvernement civil. Mais les militaires continuent de contrôler le pouvoir, malgré la dissolution de la junte en tant que telle.

La communauté internationale attend de voir si ce scrutin partiel se déroulera de manière transparente, libre et équitable avant d'envisager de lever les sanctions économiques et politiques imposées à la Birmanie depuis des décennies.