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20/03/2012 07:34 EDT | Actualisé 20/05/2012 05:12 EDT

Keystone: Barack Obama veut accélérer la construction du tronçon sud

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WASHINGTON - Le président américain Barack Obama devrait annoncer cette semaine l'accélération du processus d'obtention de permis pour la portion sud du controversé pipeline Keystone XL de TransCanada.

Citant une source au sein du gouvernement, CNN a rapporté mardi que M. Obama voulait réduire de plusieurs mois le processus, qui peut habituellement prendre jusqu'à un an.

La Maison-Blanche souhaite activer les choses afin de régler un problème d'engorgement à Cushing, en Oklahoma, où les producteurs sont forcés de stocker leur pétrole brut en raison du manque de capacité du réseau chargé de l'acheminer jusqu'aux raffineries du golfe du Mexique.

Barack Obama fera l'annonce jeudi devant un entrepôt de Cushing, le point de départ du tronçon sud de l'oléoduc Keystone XL et le lieu où se trouvent les tuyaux qui serviront à le construire.

La nouvelle survient alors que le prix de l'essence à la pompe continue de grimper aux États-Unis.

Les républicains soutiennent que la politique de M. Obama en matière d'énergie est responsable de la situation et lui reprochent d'avoir rejeté en janvier le pipeline Keystone XL proposé par TransCanada, une entreprise de Calgary.

Le président américain a récemment salué la décision de TransCanada d'aller de l'avant avec la construction du segment sud de son oléoduc, une réaction qui marque un changement de position de la part de la Maison-Blanche par rapport au projet de 7,6 milliards $.

Selon le plan initial, le pipeline partirait des exploitations de sables bitumineux de l'Alberta et se rendrait jusqu'aux raffineries du Texas en traversant six États américains.

Le département d'État américain n'a pas encore pris de décision au sujet de l'oléoduc, soutenant qu'il devait d'abord effectuer une évaluation environnementale rigoureuse d'un nouveau tracé permettant au pipeline de contourner un important aquifère au Nebraska.

Le projet Keystone XL doit être examiné par le département d'État parce que l'oléoduc croise une frontière internationale.

L'automne dernier, la pression exercée par les environnementalistes avait poussé le département d'État à reporter sa décision après les élections présidentielles de novembre. Il avait alors évoqué les risques que le pipeline représentait pour l'aquifère.

Les partisans de l'oléoduc avaient aussitôt accusé Barack Obama d'avoir agi par intérêt politique en calmant les écologistes faisant partie de sa base électorale afin d'augmenter ses chances de se faire réélire.

Les républicains ont ensuite tenté de forcer l'administration Obama à approuver Keystone XL, allant même jusqu'à introduire une disposition à ce sujet dans un projet de loi sur les allègements fiscaux à la fin de décembre.

Cette disposition obligeait la Maison-Blanche à se prononcer sur le pipeline avant le 21 février. Bousculé par ce délai, le président américain a révoqué en janvier le permis de TransCanada en expliquant qu'il n'avait pas assez de temps pour évaluer correctement le nouveau tracé avant de donner le feu vert au projet.

Barack Obama a toutefois assuré Stephen Harper que cette décision n'avait aucun rapport avec les qualités de l'oléoduc et qu'elle avait été prise uniquement en raison des tactiques des républicains pour lui forcer la main.

Dans le cadre de son voyage dans l'Ouest, M. Obama visitera également le Nevada, le Nouveau-Mexique et l'Ohio.

Selon la Maison-Blanche, l'objectif de ce périple est de promouvoir l'approche de Barack Obama sur le plan énergétique, qui comprend le développement de nouvelles sources d'énergie, la production domestique de pétrole et de gaz ainsi que l'établissement de normes plus rigoureuses en matière d'efficacité énergétique.