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19/03/2012 08:05 EDT | Actualisé 19/05/2012 05:12 EDT

Venezuela: l'État enquête sur un meurtre commis par les forces policières

CARACAS, Venezuela - Des procureurs vénézuéliens ont nommé un groupe d'experts pour aider une enquête portant sur la mort de la fille de 19 ans d'un diplomate chilien, tuée par des policiers.

La commission d'enquête compte neuf experts spécialisés en analyse balistique et en d'autres techniques, a annoncé lundi par voie de communiqué le Bureau du procureur général.

La jeune femme, Karen Berendique, est morte après avoir été abattue vendredi soir par la police à un point de contrôle non-identifié dans la ville de Maracaibo (ouest), ont indiqué les autorités.

Son père, le consul chilien honoraire Fernando Berendique, a réclamé lundi une meilleure formation pour la police. Il a déclaré sur les ondes de la station de radio vénézuélienne Union Radio qu'à 21h, vendredi, son fils avait quitté la maison en compagnie de sa fille pour la conduire à une fête à plusieurs pâtés de maison de la résidence familiale.

M. Berendique a précisé que lorsque la police leur a ordonné de s'arrêter, son fils a pensé que les agents étaient des bandits et a fait marche arrière. La police a ouvert le feu, et la fille du consul a été touchée par trois balles, dont une à la tête, ont mentionné les autorités.

Douze policiers ont été détenus et sont sous enquête pour leur rôle allégué dans l'affaire.

Le vice-président Elias Jaua a joint sa voix à celle d'autres responsables gouvernementaux dans la condamnation de la fusillade. Selon lui, la responsabilité de l'affaire en incombe à «un groupe de responsables» et l'affaire fait l'objet d'une enquête par des procureurs, a fait savoir l'agence de presse d'État.

À Maracaibo, un groupe de jeunes gens a manifesté contre la mort de Karen Berendique, réclamant la démission de divers responsables, dont le ministre de la Justice Tareck El Aissami et le chef de la police judiciaire.

Le politicien de l'opposition Tomas Guanipa a accusé le gouvernement d'Hugo Chavez d'être responsable d'une «crise d'anarchie, de crime et d'insécurité».

Le groupe de défense des droits de la personne Provea, dans le cadre de son rapport annuel publié l'an dernier, mentionne que les forces de sécurité du pays étaient responsables de 173 morts au cours des 12 mois précédents, y compris sept victimes de «force excessive», 15 victimes d'«usage indiscriminé de la force», et d'autres qui ont été exécutées, torturées ou sont mortes en raison d'autres traitement cruels.