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22/02/2012 06:10 EST | Actualisé 23/04/2012 05:12 EDT

Étude: à peine trois Canadiens sur dix s'attendent à être à la retraite à 66 ans

MONTRÉAL - Le visage de la retraite au Canada est en train de changer.

Une étude publiée mercredi par la Financière Sun Life indique qu'à peine trois Canadiens sur dix prévoient prendre définitivement leur retraite à l'âge de 66 ans. Autre tendance à la hausse: 48 pour cent des Canadiens prévoient prendre une retraite progressive en travaillant à temps partiel ou à la pige.

L'étude menée par le troisième assureur en importance au pays signale que bon nombre de Canadiens sont de plus en plus préoccupés par la situation économique actuelle et se demandent s'ils pourront épargner suffisamment d'argent — le concept de «Liberté 55» n'étant maintenant plus qu'une illusion.

«Les attentes des Canadiens envers la retraite sont en pleine évolution et plusieurs prévoient travailler plus longtemps, pendant que la moitié des Canadiens anticipent une transition progressive vers la retraite», a dit le président de Financière Sun Life Canada, Kevin Dougherty.

Isabelle Hudon, présidente de la Financière Sun Life au Québec, signale que l'instabilité économique n'est pas la seule responsable. Elle relève aussi les phénomènes de l'accroissement de l'endettement, l'augmentation des coûts des soins de santé, l'espérance de vie accrue et le manque de planification.

Une crise de la retraite menace à travers le monde, de nombreux pays endettés réduisant les prestations offertes, haussant l'âge de départ à la retraite ou adoptant d'autres mesures pour confronter une augmentation de leurs obligations et des économies en difficultés.

Au Canada, le gouvernement fédéral veut réduire les coûts à long terme du programme de Sécurité de la vieillesse. Sa suggestion de rehausser l'âge de la retraite pour réaliser des économies a fait l'objet de dénonciations virulentes.

Mardi, la ministre fédérale des Ressources humaines, Diane Finley, a prévenu devant le Canadian Club, à Toronto, que les jeunes Canadiens devront composer avec des impôts plus élevés, des programmes sociaux moins généreux et des déficits plus importants si des réformes d'envergure ne sont pas adoptées immédiatement.

Parmi les Canadiens qui s'attendent à continuer de travailler après 65 ans, l'âge habituel de départ à la retraite, 61 pour cent disent qu'ils le feront parce qu'ils le doivent, et seulement 39 pour cent parce qu'ils le souhaitent.

De plus, 43 pour cent des Canadiens questionnés prévoient entreprendre une transition vers la retraite entre les âges de 60 et 65 ans, contre 21 pour cent qui prévoient commencer entre les âges de 50 et 59 ans et 8 pour cent qui prévoient s'y mettre entre 66 et 70 ans.

«L'intérêt pour une transition vers la retraite est de plus en plus marqué depuis quelques années, a dit l'analyste Ian Markham, de la firme Towers Consulting. Les 'baby boomers' y voient un moyen de prolonger leurs carrières, de rembourser certaines dettes et d'assurer un passage harmonieux à la retraite. De disposer d'un revenu additionnel pendant cette transition représente un filet de sécurité financier supplémentaire pour les Canadiens — ce qui est de plus en plus important avec l'économie actuelle.»

L'étude a relevé que 47 pour cent des personnes interrogées s'inquiètent de la situation économique actuelle et pour 44 pour cent des Canadiens, le remboursement des dettes est la priorité absolue. Ils sont beaucoup plus nombreux que ceux dont la priorité est l'épargne en vue de la retraite, soit 20 pour cent.

L'étude a été menée en ligne par Ipsos Reid auprès de 3701 travailleurs canadiens âgés de 30 à 65 ans, entre les 29 novembre et 12 décembre derniers. Sa marge d'erreur est estimée à plus ou moins 1,6 pour cent, 19 fois sur 20.