POLITIQUE
22/02/2012 04:05 EST | Actualisé 23/04/2012 05:12 EDT

Radars photo: Gérald Tremblay rejette le modèle de Québec et pose ses conditions

AFP

MONTRÉAL - La Ville de Montréal rejette le modèle proposé par Québec pour l'installation de radars photo et exige d'en avoir le plein contrôle, craignant notamment de perdre une importante source de revenus.

Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, a fait une sortie en règle, mercredi, reprochant au gouvernement du Québec de vouloir imposer un modèle qui désavantagerait la métropole.

«Le projet de loi sur les photo-radars et les caméras aux feux rouges du gouvernement démontre une fois de plus un manque de compréhension de la réalité de la métropole du Québec», a déclaré le maire en conférence de presse. M. Tremblay est allé jusqu'à y voir une forme de paternalisme inacceptable.

«Le président de l'Union des municipalités du Québec disait: 'l'autonomie c'est important, il faut arrêter d'infantiliser le monde municipal'. La responsabilité des limites de vitesse dans les villes, c'est une responsabilité de Montréal et des villes. Nous sommes capables de collaborer avec le gouvernement du Québec, mais (nous ne voulons) pas que le gouvernement du Québec vienne se substituer et mettre en place ses mécanismes de contrôle.»

M. Tremblay en a tout à la fois contre la gouvernance, le modèle d'affaires et le modèle financier proposés par Québec, qui portent atteinte, selon lui, à l'autonomie de Montréal.

Ainsi, il n'accepte pas que ce soit le gouvernement provincial qui décide des endroits où ces appareils seront installés, que les sommes collectées soient envoyées dans un fonds collectif pour être partagées à l'échelle provinciale, et que la gestion du projet soit centralisée.

«On voudrait avoir le droit d'installer nos propres photo-radars aux endroits que nous voulons, et on veut que tous les revenus de Montréal restent à Montréal», a martelé le maire, visiblement irrité.

M. Tremblay voudrait que ces revenus soient réinvestis en sécurité routière à Montréal, ce qui permettrait de libérer des fonds pour les réorienter vers la sécurité publique.

Par ailleurs, il ne veut pas laisser Québec implanter le modèle de signalisation à chaque installation de radars photo. Il propose plutôt une approche qui obligerait les automobilistes à demeurer sur le qui-vive partout sur l'île.

«Pourquoi ne pourrait-on pas installer des grands panneaux à l'entrée de Montréal pour dire: faites attention, si vous circulez à Montréal, vous devez respecter la réglementation sinon, à ce moment-là, il y a des photo-radars. Le gouvernement ne veut pas cela. Le gouvernement parle de l'acceptabilité. Ça veut dire qu'il faut informer d'avance l'automobiliste qu'il est susceptible d'avoir une infraction. On dit d'avance à la personne: vous allez être sous radar, donc ralentissez. Le résultat, c'est que la personne est avertie», a expliqué le maire.

Par ailleurs, dans une lettre envoyée au ministre des Transports, Pierre Moreau, les propositions de Montréal démontrent clairement une volonté d'obtenir davantage de revenus que ce que prévoit le projet provincial. On y retrouve notamment des demandes pour contrôler non seulement le passage au feu rouge mais aussi la vitesse aux feux verts et jaunes de même que les vitesses moyennes sur des tronçons de route, imposer des amendes plus élevées, et utiliser des opérateurs civils moins coûteux que les policiers pour le traitement de la preuve.

Quant au modèle financier, Montréal exige que toutes pertes de revenus engendrées par le remplacement du contrôle conventionnel par le contrôle automatisé soient compensées, que les dépenses pour le déploiement et la gestion des appareils lui soient remboursées, et que les excédents dégagés par l'opération lui soient versés.