POLITIQUE
22/02/2012 11:08 EST | Actualisé 23/04/2012 05:12 EDT

Québec donne le feu vert aux radars photo partout au Québec

Radio-Canada.ca

QUEBEC - Le gouvernement Charest donne le feu vert au déploiement à grande échelle des radars photographiques sur le territoire québécois, y compris dans les muncipalités.

Une nouvelle expérience pilote sera menée à Québec en 2013 mais la ville de Montréal, faute d'entente avec le ministère des Transports, restera sur les lignes de côtés.

Déposé mercredi à l'Assemblée nationale par le ministre des Transports, Pierre Moreau, le projet de loi 57 avalise l'installation progressive des cinémomètres dans les endroits considérés comme sujets aux accidents.

Un comité d’experts formulera des recommandations au ministre sur la sélection des sites mais il est acquis que la surveillance photographique sera exercée avec emphase dans les zones scolaires et les zones de chantiers.

A court terme, 29 appareils s'ajouteront aux 15 déjà implantés depuis 2009 _ dans le cadre d'un projet pilote _ dans les régions de Montréal, de la Montérégie et de Chaudière-Appalaches.

«Nous voulons des radars photo sur une base permanente. Nous avons 30 000 kilomètres de routes au Québec et nous voulons assurer une surveillance par le biais de ces appareils. L'expérience démontre sans l'ombre d'un doute que ce type d'équipement contribue à réduire le nombre d'accidents et les excès de vitesse», a expliqué le ministre Moreau en point de presse.

Le ministère des Transports s'appuie sur des données suggérant que la surveillance photographique a permis, entre août 2009 et novembre 2010, de réduire jusqu'à 30 pour cent le nombre d'accidents dans les secteurs couverts par le projet pilote.

Pour l'année en cours, la surveillance photographique «aura contribué à éviter 150 accidents sur les routes, à éliminer totalement les grands excès de vitesse et à réduire de près de 70 pour cent les excès de vitesse dans les zones où les photoradars ont été installés», a avancé le ministre.

L'entreprise est aussi une affaire de gros sous.

En deux ans, les six systèmes photographiques aux feux rouges et les neuf radars photo en fonction ont généré l'émission de 146 000 billets d'infraction pour des amendes totalisant 20,7 millions $ contre les conducteurs pris en défaut.

Pour mieux dorer la pilule et convaincre la population qu'il ne s'agit pas d'une «machine à sous» pour gonfler les coffres de l'Etat, le gouvernement libéral s'est engagé à verser l'argent recueilli au Fonds de la sécurité routière.

«Nous ne voulons pas que ce soit une vache à lait et on va être très clair là-dessus. Cet équipement ne sera pas utilisé comme 'trappe à tickets'», a assuré M. Moreau.

Les municipalités ont vite saisi l'énorme potentiel des appareils radars photo et le gouvernement a accepté de partager les recettes. Les villes devront en revanche consacrer les sommes récoltées sur leur territoire à l'amélioration de la sécurité routière.

Une première étape sera franchie l'an prochain avec le déploiement de quatre radars photo mobiles — au coût de 150 000 $ l'unité — dans la ville de Québec. L'expérience pilote sera d'une durée de 18 mois.

A l'Assemblée nationale, la députée Sylvie Roy, de la Coalition avenir Québec (CAQ), a mis en doute les bonnes intentions du gouvernement quant à l'utilisation des recettes des cinémomètres.

Selon elle, l'argent amassé par les radars photo installés depuis 2009 a vite été englouti par la machine administrative.

«L'argent des radars photo s'est perdu dans la bureaucratie plutôt que d'aller à des projets pour aider les victimes de sécurité routière. On a appris par la loi d'accès à l'information que c'était pour des ressources humaines du ministère, des dépenses de communication, des adaptations de système informatique.»

«Pire encore, on nous répond que la seule mesure de sécurité routière financée par les radars photo, c'est l'installation des radars photo», a-t-elle relevé.