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22/02/2012 07:41 EST | Actualisé 23/04/2012 05:12 EDT

Manifestations en Afghanistan: au moins sept morts; Karzaï appelle au calme

KABOUL - Le président afghan Hamid Karzaï a appelé au calme, mercredi, après la mort d'au moins sept personnes dans des affrontements entre les forces de sécurité afghanes et des manifestants en colère contre la destruction d'exemplaires du Coran dans la base militaire américaine de Bagram, près de Kaboul.

La profanation des livres religieux a provoqué deux jours de manifestations à travers l'Afghanistan, alimentées par un sentiment antioccidental répandu parmi les Afghans, dont plusieurs estiment que les troupes étrangères ne respectent pas la culture afghane et l'islam. Les manifestations ont poussé les États-Unis à fermer leur ambassade à Kaboul et à interdire à leur personnel de se déplacer dans le pays.

Le ministère afghan de l'Intérieur a indiqué dans un communiqué que sept personnes avaient été tuées dans les affrontements à travers le pays: quatre dans la province de Parwan, une devant la base de Bagram, une dans la province de Jalalabad et une dans la province de Logar. Le ministère a précisé qu'une enquête avait été ouverte pour déterminer ce qui s'est passé.

«Les gens ont le droit de manifester pacifiquement, mais j'appelle mes compatriotes à ne pas recourir à la violence», a dit le président Karzaï dans un communiqué, appelant les forces afghanes à protéger les manifestants plutôt qu'à les affronter.

M. Karzaï a affirmé qu'il partageait la douleur des Afghans après avoir entendu que des exemplaires du Coran avaient été brûlés, mais leur a demandé d'être patients et d'attendre la fin de l'enquête.

La manifestation de Kaboul a attiré des centaines de personnes qui ont scandé «mort à l'Amérique», lancé des pierres et mis le feu à des pneus à l'extérieur d'un complexe qui loge des entrepreneurs étrangers, des policiers et certains membres de la coalition internationale.

À proximité, des manifestants ont incendié un camion transportant du carburant sur la principale autoroute qui permet de sortir de la ville par l'est, provoquant un important panache de fumée.

Dans la province de Parwan, le chef de police Akram Bigzad a expliqué qu'environ 2000 manifestants étaient rassemblés devant le quartier général du district quand certains ont ouvert le feu.

«Dans la foule, il y avait des rebelles et des talibans qui possédaient des armes. Ils ont ouvert le feu et les affrontements ont commencé. Quatre personnes ont été tuées et dix autres ont été blessées. Ce sont des talibans», a dit M. Bigzad.

Les États-Unis ont présenté leurs excuses mardi pour la destruction d'exemplaires du Coran provenant d'un centre de détention dans l'enceinte de la base de Bagram, parce qu'ils contenaient des messages extrémistes et violents écrits par des détenus.

Le général américain John Allen, commandant en chef de la force internationale de l'OTAN en Afghanistan, a assuré que cet incident n'était «en aucun cas intentionnel» et que des mesures avaient été prises «pour que cela ne se produise plus jamais».

«Ce n'était pas une décision prise dans le respect de la foi islamique», a dit le général Allen mardi. «C'était une erreur. Dès que nous en avons été informés, nous avons immédiatement cessé (la destruction) et nous sommes intervenus.»

Selon un responsable afghan, Ahmad Zaki Zahed, les ouvrages se trouvaient dans une poubelle que deux soldats de la coalition ont mis dans un camion lundi soir pour les transporter jusqu'à une fosse où les déchets sont brûlés à l'intérieur de la base de Bagram. Cinq Afghans travaillant sur place ont arrêté l'opération quand ils se sont rendu compte qu'il y avait des livres religieux, mais certains avaient déjà été brûlés, a précisé Ahmad Zaki Zahed.

Mardi, plus de 2000 Afghans en colère, dont certains tiraient des coups de feu en l'air, avaient manifesté devant la base de Bagram pour dénoncer la profanation des livres religieux.