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22/02/2012 04:27 EST | Actualisé 23/04/2012 05:12 EDT

Condamné à mort, Ronald Smith déplore la mollesse d'Ottawa à son égard

DEER LODGE, États-Unis - Alors que le temps file avant une décision sur son sort, le seul Canadien dans le couloir de la mort, aux États-Unis, dit être attristé et regretter les crimes qu'il a commis et la situation dans laquelle il se retrouve.

Ronald Smith se dit également en colère avec le gouvernement canadien pour son appui «tiède» à sa demande de clémence, un appui survenu seulement après que la Cour fédérale eut forcé Ottawa à agir au nom de Smith.

Lors d'une entrevue accordée à La Presse Canadienne à la prison d'État du Montana, là où il a passé les 30 dernières années, Ronald Smith admet que cela l'a dérangé.

Il s'interroge d'ailleurs à savoir s'il est «un être humain si horrible» qu'Ottawa doive se faire forcer la main pour agir.

Originaire de l'Alberta, Smith attend son exécution depuis 1982. Avec un complice, et sous l'influence de l'alcool et de la drogue LSD, il a tué deux personnes, Thomas Running Rabbit et Harvey Mad Man Jr, d'une balle dans la tête, au Montana.

Il s'agissait de meurtres commis de sang froid. Smith dit avoir abattu les deux hommes pour connaître ce que cela faisait d'enlever une vie, et parce qu'il voulait voler leur voiture.

Smith a demandé et reçu la peine capitale, mais a changé d'avis par la suite. Il a épuisé tous ses recours juridiques, et espère désormais que le gouverneur de l'État, Brian Schweitzer, lui accordera la clémence, comme l'a suggéré le conseil de pardon et de libération conditionnelle du Montana après une audience en mai.

Le gouvernement conservateur du premier ministre Stephen Harper avait tout d'abord refusé d'appuyer Smith, affirmant qu'il avait été reconnu coupable dans un pays démocratique. La décision est allée à l'encontre d'un long historique de demandes de clémence pour les Canadiens condamnés à mort à l'étranger. La Cour fédérale a finalement jugé qu'Ottawa devait soutenir Smith.

Le gouvernement a certes envoyé une lettre demandant au conseil d'épargner la vie de Smith, mais son appui public pour la demande a été minimal.

«Le gouvernement du Canada n'est pas en faveur des crimes violents et cette lettre ne devrait pas être considérée comme une réflexion sur le jugement à propos de la conduite de M. Smith», indique la lettre.

La missive poursuit en disant que le gouvernement du Canada réclame la clémence «pour des raisons humanitaires».

«Je me sens à la fois en colère et blessé, a déclaré Smith. Ils ne me connaissent pas. Ils jettent un coup d'oeil à ce qui m'est arrivé il y a si longtemps. Ils ne se concentrent sur rien d'autre. Je ne crois pas que cela va nuire, mais cela n'aidera pas non plus.»

Si Smith devait obtenir la clémence, il passerait tout de même le reste de ses jours derrière les barreaux.