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22/02/2012 06:14 EST | Actualisé 23/04/2012 05:12 EDT

Air Canada: les bagagistes et le personnel de piste rejettent une entente

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MONTRÉAL - Les bagagistes, les préposés à l'entretien et aux réparations et le personnel de piste d'Air Canada (TSX:AC.B) ont rejeté mercredi l'entente de principe conclue plus tôt ce mois-ci avec la plus importante société aérienne au pays, peu après que les régulateurs de vol eurent ratifié une nouvelle convention collective.

Les travailleurs représentés par l'Association internationale des machinistes et des travailleurs de l'aérospatiale (AIMTA) ont voté à 65,6 pour cent en faveur du rejet de l'entente précédemment conclue. Celle-ci établissait les salaires, les avantages sociaux et d'autres conditions de travail.

Ce vote a été tenu une journée après que la compagnie aérienne eut annoncé que ses 74 régulateurs de vol travaillant au centre de contrôle de l'exploitation réseau situé près de l'Aéroport international Lester B. Pearson de Toronto s'étaient prononcés en faveur de l'entente de cinq ans, en vigueur jusqu'au 29 février 2016.

Un porte-parole de l'AIMTA, le plus important syndicat chez Air Canada avec quelque 8600 membres, a déclaré que 78 pour cent des employés ont donné au syndicat le droit de déclencher une grève si une nouvelle entente ne peut être atteinte.

Cela ne signifie pas pour autant qu'une grève sera déclenchée, a précisé Bill Trbovich mercredi soir lors d'une entrevue. Il s'agit plutôt d'un signe démontrant que le syndicat a l'appui de ses membres si un arrêt de travail devait survenir, selon lui.

Air Canada a des problèmes avec les relations de travail depuis des années. Certains employés amers tentent de regagner des avantages et des conditions salariales qu'ils avaient dû abandonner afin d'aider le transporteur à se restructurer en 2004.

Après s'être placée sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies, en 2003, la compagnie aérienne avait notamment supprimé des emplois, baissé les salaires et sabré dans les avantages sociaux. Air Canada a peiné à survivre au cours des années suivantes, dans un contexte où tous les transporteurs aériens encaissaient des pertes substantielles à la suite des attentats du 11 septembre 2001.

«Comme tous les autres travailleurs chez Air Canada, ils veulent récupérer l'argent qu'ils ont donné pour la restructuration de la compagnie en 2004, et cela ne semble pas vouloir se produire», a exposé Bill Trbovich.

«Ils sont mécontents pour plusieurs raisons. J'ignore quelles sont toutes ces raisons, a indiqué M. Trbovich. Il y a beaucoup de frustration qui s'est accumulée depuis ce temps, et c'est la raison pour laquelle ils l'ont rejetée (l'entente de principe)».

Les deux parties étaient en conciliation lorsque l'entente de principe a été conclue.

«Il y aura une rencontre la semaine prochaine avec des gens d'un peu partout au pays afin de passer en revue tout ce qui s'est passé jusqu'à présent, et nous nous préparerons à retourner à la table de négociations avec Air Canada», a dit Chuck Atkinson, président et directeur général du district 140 de l'AIMTA.

Dans un communiqué, Air Canada a signalé que les deux parties avaient suffisamment de temps devant eux pour en arriver à un accord.

«Air Canada confirme que ses activités se poursuivent normalement et que ses clients peuvent continuer à réserver leurs billets en toute confiance», peut-on lire dans la déclaration publiée mercredi.

«Compte tenu des résultats du vote, la commissaire-conciliatrice, l'honorable juge Louise Otis, déposera son rapport à la ministre du Travail, Lisa Raitt, afin qu'elle en prenne connaissance et détermine les étapes suivantes. Air Canada est convaincue que les parties disposent du temps nécessaire pour éviter une interruption de travail», conclut l'entreprise.