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19/02/2012 01:06 EST | Actualisé 20/04/2012 05:12 EDT

Sarkozy est le candidat du "peuple de l'argent", ironise Hollande

PARIS - Si Nicolas Sarkozy est le candidat du peuple, c'est celui du "peuple de l'argent", a contre-attaqué dimanche soir le candidat socialiste à la présidentielle François Hollande.

Le chef de l'Etat, qui a confirmé cette semaine qu'il briguait un second mandat, fait campagne "avec violence, avec agressivité", a déploré sur BFM-TV le député de Corrèze.

"La violence et l'insulte, c'est un signe de faiblesse" de la part du président sortant, a interprété M. Hollande, que Nicolas Sarkozy a chaque jour taxé de mensonge depuis son entrée officielle en campagne mercredi soir.

Décelant là une certaine "obnubilation" de son adversaire à son égard, le favori des sondages a refusé d'entrer dans ce "pugilat", demandant au journaliste qui l'invitait à réagir aux accusations de mensonges: "Vous croyez que je vais rentrer dans cette logique-là?".

Lors de son meeting marseillais dimanche après-midi, Nicolas Sarkozy avait décoché: "Où est la vérité (...) lorsqu'on fait semblant d'être Thatcher à Londres et Mitterrand à Paris?" Sa flèche ciblait le candidat socialiste qui tentait en début de semaine de rassurer la City, après avoir désigné "le monde de la finance" comme son "véritable adversaire" lors de son discours du Bourget le 22 janvier.

"Thatcher, c'est son modèle, c'est pas le mien", a rétorqué François Hollande dimanche soir, maintenant que la finance "folle" restait son adversaire.

Le candidat socialiste a jugé que le candidat de droite n'avait pas la légitimité pour dénoncer les élites, alors que "les patrons du CAC 40 se sont augmentés en 2010 de 36%".

Il s'est étonné "que Nicolas Sarkozy puisse se dire candidat du peuple. Mais de quel peuple s'agit-il? Du peuple de l'argent? J'en conviens volontiers!".

François Hollande a estimé que les inégalités s'étaient creusées sous la présidence de Nicolas Sarkozy, dressant un bilan sombre du quinquennat écoulé: "un million de chômeurs de plus, 600 milliards de dettes supplémentaires, des déficits qui n'ont pas été résorbés, des violences aux personnes -ça, c'est pas la crise- qui ont augmenté de 20%!" AP

cb/mw