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19/02/2012 12:26 EST | Actualisé 20/04/2012 05:12 EDT

Sarkozy clame son amour pour la "France forte"

Nicolas Sarkozy a cherché dimanche à donner son corps à son slogan, "la France forte", clamant son amour pour le pays, à l'occasion de son meeting de Marseille. Il s'est présenté comme le candidat de la "vérité", par opposition à la gauche qui serait, selon lui, dans le "mensonge".

"Il n'y a pas de Français heureux sur le malheur de la France", a-t-il lancé, dans une ambiance survoltée devant des milliers de partisans au Parc Chanot.

Depuis 2008, "dans la tempête économique et financière (...), la France a résisté, la France a tenu et les Français ont fait face", a souligné le candidat-président, alors qu'au premier rang de la salle étaient notamment réunis le Premier ministre François Fillon, le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé, la porte-parole de campagne Nathalie Kosciusko-Morizet, ainsi que son épouse Carla Bruni-Sarkozy.

"Ceux qui font comme si rien de grave ne s'était passé depuis trois ans dans le monde, (...) ceux-là mentent aux Français", a-t-il accusé. "Occulter la crise, ce n'est pas seulement malhonnête, c'est dangereux, parce qu'on ne se défend pas contre des périls dont on nie l'existence, parce que l'on ne protège pas contre des menaces qu'on fait semblant d'ignorer", a-t-il mis en garde.

"Dire aux Français: 'dormez tranquilles', il n'y a pas de crise, il n'y a pas de risques, (...), c'est irresponsable et c'est moralement inacceptable", a-t-il encore martelé.

Le président sortant a voulu prouver qu'il avait le "courage de la vérité".

"En France, c'est vrai, l'endettement a augmenté, les fins de mois de nombre de nos compatriotes sont difficiles, c'est vrai, il y a plus de chômeurs, c'est vrai, c'est difficile de se loger, c'est vrai, on ne pourra plus partir à la retraite à 60 ans, c'est vrai, il va falloir travailler plus longtemps, c'est vrai, un fonctionnaire sur deux partant à la retraite n'est pas remplacé, mais ces décisions je les assume", a-t-il expliqué.

"Il faut regarder en face la réalité du monde, la réalité de la crise pour comprendre que travailler davantage, c'est la seule façon de préserver notre niveau de vie, notre pouvoir d'achat", a-t-il affirmé, dénonçant "la démagogie" et le "mensonge" de la gauche.

Nicolas sarkozy a brandi la menace d'un "pays qui croulerait sous les dettes et sous les déficits où les mèneraient des gens incapables de dire non à la plus petite revendication".

Le candidat-président a prôné "travail", "effort", "courage", "intelligence", "valeurs de responsabilité et d'autorité", critiquant au contraire, à gauche, "l'idéologie du partage du travail, la mise en cause systématique de toute force d'autorité, la dilution des responsabilités (qui) ont affaibli la France".

Répétant "aimer la France", il a attaqué l'attitude de son principal adversaire, le socialiste François Hollande, qu'il a accusé, sans le nommer, de dire "tout et son contraire".

"Quand on aime la France, on ne ment pas tous les jours aux uns pour faire plaisir aux autres", s'est-il emporté. "Où est la vérité quand on explique en même temps qu'on veut punir voyous et abroger la loi sur la récidive, et abroger les peines plancher?", s'est-il interrogé.

"Où est la vérité, (...) lorsqu'on fait semblant d'être Thatcher à Londres et Mitterrand à Paris?". Ce reproche vise précisément François Hollande, qui a désigné le "monde de la finance" comme son véritable adversaire lors de son discours du Bourget le 22 janvier, avant de tenter de rassurer la City lors d'une rencontre avec des journalistes britanniques à Paris le 13 février.

"Ce n'est pas comme ça qu'on dirige un pays qui est la cinquième puissance mondiale", a asséné le chef de l'Etat, taxant un peu plus tard l'opposition de "sectarisme", d'"intolérance" et d'"excès".

Côté propositions, Nicolas Sarkozy a défendu son idée de référendum, qu'il expose depuis une semaine. "Je veux être le candidat du peuple de France", pas "d'une petite élite contre le peuple", a-t-il dit.

Il a aussi suggéré l'introduction d'une dose de proportionnelle pour les législatives. Tout en souhaitant conserver l'actuel scrutin uninominal à deux tours, qui permet de "dégager une majorité capable de gouverner", il a estimé qu'on "pourrait corriger à la marge ce mode de scrutin pour que tous les grands courants politiques puissent avoir des représentants". Cette proposition fait notamment référence à la situation du Front national, qui ne dispose d'aucun député à l'Assemblée nationale en raison du mode de scrutin. Il a également souhaité engager un dialogue avec les autres partis politiques sur une réduction du nombre de parlementaires.

Ce discours n'est qu'un "un tissu de défausse, de déni, d'amnésie, de caricatures et de mensonges", a dénoncé François Rebsamen, membre de l'équipe de campagne de M. Hollande. Accusant le candidat-président "de se défausser de son bilan en accusant la crise", M. Rebsamen a accusé M. Sarkozy d'avoir "caricaturé honteusement les propos de François Hollande et travesti le contenu de ses propositions, sur l'immigration, sur la famille, sur le nucléaire, sur la finance. Il s'est posé en champion du peuple, lui, le président de la bande du Fouquet's et des 75 milliards de cadeaux fiscaux aux privilégiés". AP

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