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19/02/2012 07:52 EST | Actualisé 20/04/2012 05:12 EDT

Espagne: manifestations contre la réforme du travail

MADRID - De Cordoue à Séville en passant par Madrid, des centaines de milliers d'Espagnols ont manifesté dimanche dans tout le pays leur opposition aux réformes du marché du travail récemment adoptées à l'initiative du gouvernement.

Les principales organisations syndicales avaient appelé à des défilés dans 57 villes, en commençant par Cordoue dans le sud pour finir à Barcelone, Séville, Tolède et Valence. Certains des rassemblements les plus tardifs ont dû être avancés devant l'affluence.

En milieu d'après-midi, les syndicats annonçaient un million de manifestants dans tout le pays.

Les réformes autorisent les entreprises fragilisées à dénoncer les accords collectifs et modifier le temps de travail, les tâches et les salaires, en facilitant les licenciements, qui deviennent moins coûteux pour l'employeur.

Le gouvernement justifie ces mesures par la nécessité de sortir le pays de la crise économique et d'un chômage qui frappe près de 23 pour cent de la population active, ce qui en fait le plus élevé parmi les 17 pays de la zone euro.

Le chef du gouvernement conservateur, Mariano Rajoy, avait été entendu le mois dernier alors qu'il confiait lors d'un sommet européen que les réformes prévues lui coûteraient "une grève générale".

Il a défendu les mesures dimanche lors du congrès annuel de son Parti populaire à Séville. "Si nous voulons que l'Espagne ait de la croissance et crée des emplois, il fallait que nous fassions ce que nous avons fait".

Mais les syndicats promettent de poursuivre la lutte contre ces réformes. "Si le gouvernement ne corrige pas cela, nous continuerons avec une mobilisation toujours croissante", a déclaré le porte-parole du syndicat UGT (Union générale des travailleurs) Candido Mendez.

Nombre de manifestants portait des chapeaux surmontés de ciseaux géants et criaient "ne coupez pas nos droits". D'autres brandissaient des pancartes en forme de cercueil proclamant la mort de la négociation collective.

"Les employés qui ont du travail actuellement craignent qu'avec ces réformes ils risquent de le perdre plus facilement, et, dans les conditions actuelles, ceux qui n'ont pas d'emploi vont se retrouver dans l'impossibilité de trouver du travail", expliquait une manifestante Manuela Silvela, 58 ans.