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19/02/2012 02:35 EST | Actualisé 20/04/2012 05:12 EDT

Décennie 2000: le taux de décrochage a augmenté dans plusieurs régions

QUÉBEC - Au cours de la décennie 2000, loin de se résorber, le taux de décrochage scolaire a grimpé dans plusieurs régions du Québec.

Au total, 20 commissions scolaires sur 72 affichaient en 2009 un taux de décrochage supérieur à ce qu'il était 10 ans plus tôt, selon une compilation des données officielles fournies par le ministère de l'Éducation et effectuée par La Presse Canadienne.

Non seulement le problème s'amplifie dans bien des coins du Québec, mais il atteint souvent des proportions inquiétantes. Au terme de la décennie, dans l'ensemble du réseau public, 30 commissions scolaires — soit 42 pour cent du total — affichaient toujours un taux supérieur à 20 pour cent.

L'objectif du gouvernement consiste à ramener à 20 pour cent le taux d'abandon scolaire, d'ici 2020.

Pour l'ensemble du Québec, la tendance est cependant à la baisse. De 1999 à 2009, dans le réseau public, le taux de décrochage, pour les garçons et les filles, a chuté de 24,5 pour cent à 21,3 pour cent. Il serait aujourd'hui de 17,4 pour cent.

Mais cette bonne performance peut masquer une aggravation du problème, quand on l'examine de plus près sur une base régionale ou en comparant la situation des garçons et des filles.

Le pire tableau apparaît en milieu autochtone, alors que durant la période observée le taux de décrochage a bondi à la commission scolaire Kativik de 78 à 80 pour cent, et chez les Cris de 70 à 91 pour cent.

Ailleurs aussi, dans une moindre mesure, la situation a empiré. Quelques exemples parmi la vingtaine de commissions scolaires affichant en 2009 une performance pire qu'en 1999: la commission scolaire des Samares (de 32,8 à 33,4 pour cent), la commission scolaire des Chênes (de 26,5 à 28,8 pour cent), la commission scolaire de la Riveraine (de 19,7 à 25,6 pour cent), la commission scolaire Eastern Shores (de 26,1 à 32,2 pour cent), celle du Lac-Témiscamingue (de 16,4 à 18,5 pour cent), celle des Navigateurs (de 13,1 à 15,6 pour cent), celle du Pays-des-Bleuets (de 15,6 à 17,6 pour cent), celle du Lac-Saint-Jean (de 11,4 à 13,3 pour cent), de La Jonquière (de 11,4 à 13,6 pour cent), celle de la Capitale (de 20 à 21 pour cent) ou encore celle de Sherbrooke (de 23,1 à 24,1 pour cent).

Les régions où on trouve des taux d'abandon dépassant les 30 pour cent sont: Montréal, une partie de l'Outaouais, les Laurentides et le Nord du Québec.

Celles où le taux dépasse les 20 pour cent, malgré tous les efforts entrepris, sont: la Basse-Côte-Nord, Québec, l'Estrie, la Côte-Nord, les Basses-Laurentides, la Montérégie, Drummondville et Nicolet.

Le phénomène continue à frapper davantage les garçons que les filles. En 2009, dans l'ensemble du Québec, on calcule qu'environ un sur quatre quittait l'école sans avoir aucun diplôme, contre seulement 15 pour cent des filles.

Sur le total des 72 commissions scolaires, il n'y en a que 14 (19 pour cent) où le taux de décrochage des garçons se situe sous la barre des 20 pour cent.