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18/02/2012 09:24 EST | Actualisé 19/04/2012 05:12 EDT

Syrie: violences à Damas pendant la visite de l'émissaire chinois, au moins un mort

Au moins une personne a été tuée samedi à Damas, où les forces de sécurité syriennes ont tiré à balles réelles et fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser les milliers de personnes qui participaient à une grande manifestation après des funérailles, selon des militants syriens.

Selon un témoin, quelque 15.000 personnes avaient suivi le cortège funèbre qui s'est transformé en rassemblement de protestation, ce qui en ferait l'une des plus importantes manifestations dans la capitale syrienne en onze mois de soulèvement contre le régime du président Bachar el-Assad. Ces troubles à Damas ont éclaté pendant la visite d'un émissaire dépêché par Pékin, qui a appelé toutes les parties à l'arrêt des violences.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, au moins une personne a été tuée lors de l'intervention des forces de sécurité qui ont dispersé les manifestants et menaient une série de raids et d'arrestations dans le quartier de Mazzeh. Les Comités locaux de coordination faisaient état de leur côté de deux morts, mais l'information ne pouvait être vérifiée de source indépendante.

Quelques personnes ont été également blessés et plusieurs autres intoxiquées par les gaz lacrymogènes, selon les Comités.

Quelque 15.000 personnes, selon un militant syrien témoin des violences, s'étaient rassemblées pour les funérailles de trois personnes tuées la veille lors de manifestations à Mazzeh. "Il s'agissait d'immenses funérailles qui se sont transformées en manifestation", a expliqué ce militant qui a requis l'anonymat par crainte de représailles. "Les participants n'avaient pas peur".

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, deux autres personnes ont été tués samedi en Syrie, dont l'une abattue par un tireur embusqué à Homs, foyer de la contestation dans le centre du pays. L'autre a été tuée par les forces de sécurité lors de raids dans le nord du pays, d'après l'Observatoire.

Le même jour, le ministre-adjoint des Affaires étrangères, Zhai Jun, a déclaré après un entretien avec M. Assad, que la Chine était "extrêmement préoccupée" par l'aggravation de la crise. L'émissaire de Pékin a apporté son soutien au référendum du 26 février sur une réforme constitutionnelle censée ramener le calme dans le pays, alors que l'opposition exige désormais le départ pur et simple du président.

La Chine et la Russie ont usé de leur droit de veto au Conseil de sécurité le 4 février pour rejeter une résolution condamnant la répression de la contestation en Syrie, qui a fait plus de 5.400 morts en près d'un an, selon les Nations unies. Les deux pays ont encore voté contre une résolution similaire, non contraignante celle-là, de l'Assemblée générale de l'ONU jeudi.

M. Jun a défendu la position "objective et juste" de Pékin samedi, assurant que "la Chine (n'avait) pas d'intérêt égoïste" dans son attitude concernant la Syrie. Il a exhorté les Syriens à participer au référendum sur la réforme constitutionnelle, qui instaurerait notamment le multipartisme dans ce pays de 22 millions d'habitants dirigé par la famille Assad depuis 40 ans et par Bachar depuis la mort de son père Hafez en 2000.

Selon un communiqué publié plus tard sur le site Web du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhai Jun s'est déclaré favorable à un règlement de la crise dans le cadre de la Ligue arabe et sur la base des propositions de l'organisation régionale. Il a précisé que la Chine était prête à travailler avec le gouvernement et l'opposition syriennes, la Ligue arabe et les pays arabes pour trouver une solution. AP

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