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18/02/2012 03:06 EST | Actualisé 19/04/2012 05:12 EDT

NGuyen obtient une mention du jury oecuménique au festival de Berlin

BERLIN - Le réalisateur québécois Kim Nguyen ne repartira pas les mains libres de la Berlinale, le fameux festival de cinéma de Berlin.

Nguyen a obtenu samedi une mention spéciale du jury oecuménique pour son film «Rebelle». Mais surtout, sa principale comédienne, la jeune actrice congolaise Rachel Mwanza a obtenu le prix remis pour la meilleur interprétation féminine.

Le film narre l'histoire de Komona, une adolescente de 14 ans qui raconte à son enfant à naître son passé de soldate et ses amours avec un jeune homme de 15 ans appelé Le Magicien. Nguyen attribuait d'ailleurs le succès de son film au jeu de Mwanza. En entrevue, vendredi, le cinéaste l'avait qualifiée de «véritable enfant prodigue», ajoutant qu'elle était «l'actrice la plus talentueuse avec qui (il avait) eu l'occasion de travailler. Il louait notamment son instinct «incroyable».

Ce sont les frères Paolo et Vittorio Taviani, déjà auréolés de l'Ours d'or remis au meilleur film, qui ont obtenu la palme du jury oecuménique pour leur film «César doit mourir».

Le prix oecuménique vise à récompenser les cinéastes qui a su raconter une histoire en accord avec l'esprit des Évangiles ou sensibiliser les spectateurs à des valeurs spirituels, humaines et sociale.

Le film de Nguyen avait bien été accueilli par les festivaliers. En entrevue, vendredi, le cinéaste s'était dit aussi content d'avoir entendu des éclats de rire durant la projection que d'avoir vu bien des yeux rougis à la sortie de la salle, signes selon lui que le public berlinois a aimé son quatrième long-métrage. Selon lui, l'audience avait bien réagi et l'ambiance dans la salle était bonne.

«Rebelle» est le premier film canadien à être présenté en compétition officielle au prestigieux Festival international du film de Berlin depuis «Emporte-moi» de Léa Pool en 1999.

Les frères Taviani ont remercié le jury international du festival, présidé par le réalisateur britannique Mike Leigh, ainsi que les détenus de la prison de Rebibbia, à Rome, qui sont au coeur de leur documentaire. Les prisonniers de ce centre de détention à sécurité élevée y sont vus jouant la pièce du dramaturge anglais William Shakespeare «Jules César».

«J'espère que la personne qui rentrera chez elle, après avoir vu «César doit mourir», pensera que même un détenu, sur qui pèse un châtiment terrible, est, et demeure, un homme. Et un merci à Shakespeare pour ces mots sublimes», a lancé Vittorio Taviani.

Les deux cinéastes ont suivi les préparatifs de la pièce pendant six mois. Ils ne reviennent pas sur les crimes commis par les détenus, mais démontrent plutôt l'immersion des acteurs amateurs dans les thèmes de l'amitié, de la trahison, du pouvoir.

L'Ours d'argent Grand prix du jury a été remis au réalisateur hongrois Bence Fliegauf pour son film «Just the Wind».

Mikkel Boe Folsgaard a quant à lui reçu l'Ours d'argent du meilleur acteur pour sa performance dans «Royal Affair».

Le jury du festival, composé de huit membres, comprenait notamment l'acteur Jake Gyllenhaal et le réalisateur iranien Asghar Farhadi, dont le film «A Separation» avait remporté tous les honneurs à la Berlinale l'an dernier.

En marge de la compétition officielle, l'actrice américaine Meryl Streep a été honorée pour l'ensemble de sa carrière, tandis que les débuts d'Angelina Jolie derrière la caméra — avec son film sur la guerre en Bosnie-Herzégovine «Au pays du miel et du sang» —, ont été soulignés lors de la Berlinale. (Avec Associated Press)