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18/02/2012 05:16 EST | Actualisé 19/04/2012 05:12 EDT

Égypte: le procès contre les ONG étrangers débutera le 26 février

LE CAIRE, Égypte - L'Égypte a annoncé samedi que le procès au criminel de 16 Américains et de 27 autres personnes débutera le 26 février. L'affaire, aux lourds accents politiques, concerne des groupes de promotion de la démocratie financés par l'étranger, et a durement éprouvé les relations entre Le Caire et Washington.

Le procès représente une escalade de ce qui est devenu la pire crise dans les relations américano-égyptiennes depuis des décennies. Des responsables américains ont menacé de couper le 1,5 milliard $ US versé annuellement en aide étrangère en réaction à l'affaire, et de hauts responsables ont été dépêchés sur place pour trouver une solution. Les autorités égyptiennes ont répondu en dénonçant ce qu'elles qualifient d'intervention américaine dans des dossiers juridiques.

Les tensions montantes donnent également un aperçu du sentier incertain emprunté par les dirigeants militaires égyptiens plus d'un an après qu'une révolte populaire eut chassé l'ancien président Hosni Moubarak du pouvoir. Au cours de ses 30 années de règne, les Américains ont toléré les politiques antidémocratiques de M. Moubarak et continué de financer son gouvernement, sachant qu'il maintiendrait le traité de paix avec Israël.

Désormais, le Conseil suprême des forces armées accuse régulièrement des «puissances étrangères» de soutenir des manifestations régulières contre son autorité, et les partis islamiques qui détiennent environ les deux tiers des sièges au Parlement nouvellement élu ont menacé de réviser le traité de paix avec l'État hébreux.

L'enquête sur les groupes de défense des droits et de la démocratie s'inscrit dans une campagne plus vaste de lutte contre l'influence étrangère depuis le renversement de M. Moubarak.

L'enquête a débuté en décembre, lorsque des forces de sécurité armées ont effectué des raids dans les locaux de 10 ONG, ravageant leurs bureaux et emportant des dossiers et des ordinateurs.

L'agence de presse officielle de l'Égypte a indiqué samedi que 16 des 43 défendeurs poursuivis étaient Égyptiens, 19 étaient Américains, et que les autres étaient Allemands, Palestiniens et Jordaniens. Le département d'État américain a cependant fait savoir que seuls 16 ressortissants américains étaient accusés.

Les Américains travaillent pour quatre groupes basés aux États-Unis : le International Republican Institute (IRI), le National Democratic Institute, Freedom House et un groupe qui forme des journalistes.

Seuls sept des Américains se trouvent en Égypte, et aucun n'a le droit de quitter le pays. Certains se sont réfugiés à l'ambassade américaine au Caire, incluant Sam LaHood, le directeur de l'IRI et le fils du secrétaire américain du Transport Ray LaHood.

Selon des informations diffusées sur les ondes égyptiennes, les défendeurs ont été accusés d'avoir fondé et géré des bureaux d'organisations internationales sans permis égyptien et d'avoir reçu du financement étranger. Les opérations des ONG «empiètent sur la souveraineté égyptienne», précise-t-on dans l'acte d'accusation.