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07/02/2012 05:12 EST | Actualisé 08/04/2012 01:12 EDT

Réouverture des conventions collectives:la CAQ ne reculera pas, prévient Legault

QUÉBEC - La Coalition avenir Québec demande aux électeurs de lui accorder un mandat fort pour affronter les syndicats et imposer de nouvelles façons de faire aux enseignants et aux médecins.

Une fois portée au pouvoir, la CAQ entend rouvrir les conventions collectives et les ententes conclues avec les enseignants et les médecins dans l'espoir d'améliorer les services à la population.

Il est temps de «mettre de côté les vieux dogmes syndicaux», a lancé le chef François Legault en point de presse, mardi, en marge d'une réunion des députés caquistes à Québec.

La Coalition veut en outre revoir le mécanisme de rémunération des médecins et accroître le volume de patients pris en charge. Chaque médecin au Québec devrait être en mesure de voir 1000 patients en moyenne, pense M. Legault.

La CAQ souhaite aussi introduire un système d'évaluation des enseignants en contrepartie d'une hausse salariale de 20 pour cent, une mesure évaluée à 1 milliard $.

Ces réformes heurtent le modèle syndical en vigueur et ne passeront pas comme une lettre à la poste, a convenu l'ancien ministre péquiste.

«On s'attend à ce que M. Charest défende le statu quo, on s'attend à ce que M. Charest fasse comme d'autres premiers ministres dans d'autres provinces et essaie de faire peur aux gens, de démoniser nos propositions», a-t-il fait valoir.

De fait, des ministres du gouvernement Charest n'ont pas tardé mardi à prédire le chaos si jamais François Legault prend les commandes de l'État.

«L'impression qu'il nous donne, c'est qu'il veut tout démolir, démolir les relations avec les syndiqués qui ont des conventions collectives, démolir les initiatives de développement économique», a déclaré le leader parlementaire Jean-Marc Fournier.

Quant à lui, le ministre de la Santé, Yves Bolduc, a dit redouter le «climat de confrontation» que veut, à son avis, instaurer la CAQ avec le personnel de la santé.

Du reste, «François Legault est le ministre qui a participé à la destruction du réseau de la santé», a argué M. Bolduc, faisant allusion aux mises à la retraite massives imposées par le gouvernement péquiste au début des années 1990.

Les syndicats de l'enseignement sont également montés au front, rappelant au chef de la CAQ son devoir de respecter la signature de l'État au bas des conventions collectives.

Pour la Fédération autonome de l'enseignement (FAE), M. Legault tient des propos «irréfléchis» et sa volonté de rouvrir les conventions collectives restera lettre morte.

«N'y pensez même pas», a prévenu le président de la FAE, Pierre St-Germain.

Pour sa part, le président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Réjean Parent, a accusé M. Legault de «casser du sucre» sur le dos des employés du secteur public, un vieux réflexe adéquiste, a-t-il analysé.

«Il baisse dans les sondages alors il utilise une vieille méthode pour racoler l'électorat. M. Legault veut rompre avec la tradition du respect de la parole donnée, du respect de la signature par le gouvernement. Ce n'est pas un homme d'honneur», a-t-il dénoncé.

Mais les attaques n'empêcheront pas la CAQ d'initier ses réformes dans les «100 premiers jours de son mandat», a averti M. Legault.

Pour parvenir à ses fins, la Coalition aura cependant besoin d'un mandat fort de la population à la prochaine élection, a-t-il poursuivi.

«Il faut avoir l'appui de la population. Si on n'a pas de mandat clair, ce sera difficile de faire les changements que l'on propose. (...) Mais actuellement, sur le terrain, je sens que les gens veulent un changement, une nouvelle façon de travailler dans nos réseaux publics», a martelé le chef caquiste.

Si la population donne à la CAQ le mandat de revoir les conditions de travail des enseignants et des médecins, les syndicats n'auront d'autre choix que d'en prendre acte, a affirmé de son côté le chef parlementaire Gérard Deltell.

«C'est ça la démocratie pure. Lorsqu'on joue franc jeu, à visière levée, lorsqu'on dit noir sur blanc ce que l'on va faire et que la population donne son soutien, bien on va de l'avant», a-t-il dit.

Le transfuge péquiste François Rebello croit lui aussi que les Québécois veulent rompre avec l'«immobilisme» et sont prêts à «d'énormes changements».

Les électeurs en ont plus qu'assez des dirigeants «qui ont peur de tout le monde», a-t-il soulevé.