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07/02/2012 02:49 EST | Actualisé 08/04/2012 01:12 EDT

Présidentielle: "l'anonymat n'a pas sa place" dans la procédure de parrainage, selon Sarkozy

PARIS - Nicolas Sarkozy a estimé mardi matin devant des responsables de l'UMP que "l'anonymat n'a pas sa place" dans la procédure de parrainage des candidats à la présidentielle, a-t-on appris auprès de participants à la réunion.

Le chef de l'Etat a fait cette déclaration lors du petit déjeuner de la majorité mardi matin à l'Elysée.

Le candidat socialiste à la présidentielle François Hollande s'est prononcé en soirée pour une modification de la procédure - après le scrutin - non pour garantir l'anonymat aux élus qui apportent leur signature, mais pour permettre aux citoyens de parrainer eux-mêmes un candidat.

La question de l'anonymat des parrainages a été soulevée par Marine Le Pen, actuellement en déplacement sur l'île de la Réunion. La présidente et candidate du Front national a affirmé le 2 février qu'il lui manquait encore 150 des 500 parrainages d'élus nécessaires pour se présenter à la présidentielle.

Marine Le Pen, qui réclame l'anonymat des parrainages, a présenté une QPC (question prioritaire de constitutionnalité) au Conseil d'Etat, qui l'a transmise au Conseil constitutionnel. Les Sages se sont donné jusqu'au 22 février pour y répondre.

"Laissons ces hautes magistratures dire le droit", a déclaré mardi soir François Hollande, lors du journal de 20h de France-2.

"Il y a une règle", a rappelé le candidat socialiste. "Nous ne pouvons plus la changer, c'est pas maintenant qu'il faut poser cette question. C'était il y a plusieurs mois".

François Hollande s'est dit favorable à la modification des règles de parrainage "le moment venu" - "non pas pour qu'elle devienne anonyme (mais) pour qu'on puisse dire par exemple que des citoyens puissent eux-mêmes parrainer dans certaines circonstances".

Jusqu'à la présidentielle de 1974, l'identité des parrains n'était pas rendue publique. Une loi organique de 1976 impose de révéler pour chaque candidat les noms d'au moins 500 élus lui ayant apporté leur signature.

Pour la présidentielle des 22 avril et 6 mai 2012, les parrainages doivent parvenir avant le vendredi 16 mars à 18h au Conseil constitutionnel qui, ensuite, vérifiera leur validité et les comptera. Au moins huit jours avant le premier tour, le Conseil doit faire publier au Journal officiel pour chaque candidat la liste de 500 noms d'élus qui l'ont parrainé, noms tirés au sort parmi les signatures validées.

Jean-Marie Le Pen, qui se plaignait des mêmes difficultés que sa fille, a toujours finalement réussi à réunir les signatures nécessaires - sauf en 1981. Le fondateur du FN s'est présenté à toutes les présidentielles depuis 1988, se hissant même au second tour en 2002.

L'association "Pour le pluralisme dans le débat public" présidée par l'éditorialiste Robert Ménard vient d'adresser un courriel à tous les maires de France. Elle leur propose de "s'engager à soutenir, en cas de besoin et par tirage au sort, quelque candidat représentatif que ce soit".

L'association affirme que son initiative est soutenue par Marine Le Pen (Front national), Christine Boutin (Parti chrétien-démocrate), Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République) et Corinne Lepage (candidate écologiste, ex-MoDem). AP

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