NOUVELLES
07/02/2012 11:10 EST | Actualisé 08/04/2012 01:12 EDT

Pour Hollande, le futur traité européen devra "forcément" être renégocié

PARIS - Persuadé que la gauche remportera les législatives de juin s'il est élu président en mai, le candidat socialiste à l'Elysée François Hollande a averti mardi la chancelière allemande Angela Merkel que le Parlement français ne ratifierait pas le nouveau traité européen en l'état, exigeant qu'y soit ajouté un volet croissance et emploi.

"Il y a pour l'instant un accord qui va donner lieu à la signature d'un traité le 1er mars", a rappelé le député de Corrèze lors du journal de 20h de France-2. "Il ne sera ratifié qu'après, si le Parlement en décide", a-t-il souligné, insistant sur le fait que "c'est le Parlement qui ratifie les traités, ce ne sont pas les chefs d'Etat ou de gouvernement".

"Les Français vont voter et je leur demande de faire en sorte que le prochain président de la République puisse être investi d'une mission, qui est bien sûr de respecter les disciplines budgétaires en Europe - nous en avons besoin, c'est la survie de l'euro dont il s'agit - et en même temps de faire qu'il y ait plus de croissance, plus d'emplois, plus d'activité économique. C'est le mandat que je sollicite", a expliqué François Hollande.

"C'est ce que je vais négocier après l'élection présidentielle. Mais ça, ce sont les Français qui en décideront, seuls les Français", a affirmé le candidat socialiste, alors que le président Nicolas Sarkozy et la chancelière Angela Merkel excluent toute renégociation du traité européen issu de l'accord du 9 décembre.

"Je souhaite qu'il y ait un traité qui puisse être voté par le Parlement après l'élection présidentielle", a-t-il assuré, avant de formuler la menace à peine voilée d'un vote contraire d'une future majorité de gauche. "Pour que ce traité puisse être voté, il devra être forcément négocié dans un sens qui permette aussi qu'il y ait, en plus des disciplines budgétaires indispensables, un volet de croissance et d'emploi".

François Hollande a confirmé avoir fait part de sa "disponibilité" pour rencontrer Angela Merkel avant la présidentielle. En visite lundi à Paris, la présidente de la CDU (Union chrétienne-démocrate) a déclaré qu'elle soutenait Nicolas Sarkozy, candidat non encore déclaré à sa propre succession. La chancelière n'a pas rencontré le député de Corrèze.

"Ce sont les Français qui vont permettre finalement la rencontre", a commenté le candidat socialiste. "S'ils me permettent d'être le prochain chef d'Etat, à ce moment-là, je rencontrerai Mme Merkel", a-t-il noté. Et dans le cas contraire, "elle aura eu raison de ne rien tenter avant".

François Hollande est donné favori par les sondages, à moins de trois mois de la présidentielle qui aura lieu les 22 avril et 6 mai prochains. Les législatives suivront, les 10 et 17 juin 2012. Le Sénat a basculé à gauche en septembre dernier. AP

cb