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07/02/2012 00:23 EST | Actualisé 08/04/2012 01:12 EDT

Arrivée du chef de la diplomatie russe à Damas

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, accompagné du directeur du Service des renseignements extérieurs Mikhaïl Fradkov, s'est rendu mardi à Damas pour y rencontrer le président syrien Bachar el-Assad.

Soutien du régime alaouite depuis des années, la Russie, tout comme la Chine, a usé samedi de son droit de veto en tant que membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU pour bloquer l'adoption d'un projet de résolution appelant à une transition démocratique en Syrie et condamnant la répression.

La télévision officielle syrienne a montré des images de l'arrivée du cortège de M. Lavrov à Damas, salué par plusieurs milliers de partisans du régime agitant des drapeaux syriens et russes. L'offensive des forces syriennes se poursuivait dans le même temps à Homs, bastion de la contestation dans le centre du pays.

Selon des militants des droits de l'homme, les bombardements ont notamment frappé un hôpital de campagne et des quartiers d'habitation, faisant près de 70 morts. Ce bilan ne peut être confirmé de source indépendante, en raison des restrictions d'accès imposées à la presse étrangère.

Le régime alaouite a nié tout bombardement sur Homs, réaffirmant que des "groupes terroristes armés" attaquaient des civils et la police dans plusieurs quartiers. Les forces gouvernementales ont lancé leur offensive ce week-end contre ce bastion du soulèvement, où plusieurs quartiers sont sous le contrôle de rebelles.

La répression aurait fait jusqu'à 200 morts samedi à Homs. Ce bilan ne peut pas être confirmé de source indépendante, mais c'est la première fois qu'un nombre de tués aussi élevé est évoqué pour une seule journée depuis le début de la répression du soulèvement, qui a fait en 11 mois plus de 5.400 morts, selon l'ONU.

Après le veto chinois et russe à l'ONU, les Etats-Unis ont décidé de faire monter la pression sur Bachar el-Assad en fermant lundi leur ambassade à Damas, et en évacuant l'ensemble de leurs diplomates présents en Syrie.

C'est la mesure la plus spectaculaire prise par Washington depuis le début de la crise en Syrie. "Nous n'avons eu de cesse d'envoyer le message qu'il est temps pour Assad de partir", a déclaré le président américain Barack Obama lors d'un entretien à la chaîne NBC. "La question n'est pas de savoir s'il va partir, mais de savoir quand", a-t-il ajouté.

La France a de son côté annoncé mardi le rappel de son ambassadeur en Syrie, Eric Chevallier, pour consultations en raison de la poursuite de la répression. L'ambassade de France à Damas reste ouverte, a précisé le ministère français des Affaires étrangères.

Paris avait déjà rappelé son ambassadeur en novembre 2011, brièvement fermé les consulats d'Alep et Lattaquié ainsi que les instituts culturels, après des violences contre les représentations diplomatiques de plusieurs pays en Syrie dont la France.

La Grande-Bretagne a également rappelé lundi son ambassadeur en Syrie pour consultations, a annoncé le chef de la diplomatie britannique William Hague, précisant que son pays utilisait divers canaux pour exprimer son "horreur" face à la répression en Syrie. AP

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