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05/02/2012 08:03 EST | Actualisé 06/04/2012 01:12 EDT

Le secteur aérien touché par un mouvement de grève en France

PARIS - Plusieurs syndicats du transport aérien — des personnels au sol comme des pilotes, hôtesses et stewards — appellent à une grève nationale de lundi à jeudi contre une proposition de loi UMP visant à encadrer les conflits sociaux dans les compagnies aériennes. Ce mouvement pourrait entraîner d'importantes perturbations du trafic aérien en France. Les syndicats dénoncent une "atteinte au droit de grève".

Aéroports de Paris fait savoir que ses équipes seront mobilisées dès lundi pour faciliter l'accueil et l'orientation des passagers et conseille à ceux devant se déplacer durant cette période de consulter leur compagnie aérienne ou de s'informer, notamment sur son site Internet.

Le Syndicat national des pilotes de lignes (SNPL France Alpa) a ainsi déposé un préavis de grève pour la période allant de lundi 0h01 à jeudi 23h59, couvrant tous les pilotes et "toutes les compagnies", selon des "consignes de grève".

A Air France, six syndicats (CGT, FO, SNPL, SNPNC, UNAC et UNSA) appellent l'ensemble des personnels à cesser le travail pendant cette période. Pour lundi, la compagnie prévoit d'assurer plus de 85 pour cent de ses vols long-courriers et plus de 80 pour cent de ses vols moyen-courriers. "Nous sommes contraints de réduire notre programme de vols et n'excluons pas d'autres annulations de dernière minute ainsi que des retards", a-t-elle averti. Et de proposer plusieurs possibilités de modifications sans frais pour les passagers ayant un billet prévu du 6 au 9 février.

Adopté le 25 janvier dernier par l'Assemblée nationale, le texte prévoit notamment une déclaration préalable des grévistes 48 heures avant le conflit et une prévision de trafic pour les usagers, au plus tard 24 heures avant le début de la grève, comme à la SNCF ou à la RATP depuis 2008. Il doit être examiné au Sénat à partir du 15 février.

"Restreindre le droit de grève des salariés des compagnies aériennes et de leurs sous-traitants, à la veille de grandes réformes sociales et des élections présidentielles est un coup monté. Sur fond de dialogue social et d'informations aux passagers, c'est bien la grève que le gouvernement veut éradiquer", dénoncent les syndicats d'Air France dans un communiqué.

Les six organisations considèrent "qu'il s'agit d'une véritable provocation qui n'apporte aucune réponse sur la prise en compte des revendications légitimes des salariés (...) Toutes les obligations reposent sur le salarié et aucune pour contraindre les directions d'entreprise à négocier".

"Parmi les obligations envisagées, figure une mesure qui obligerait les grévistes à se signaler 48 heures à l'avance, ce qui ne manquerait de nuire à la mobilisation des salariés et à leur droit de revendiquer", estime de son côté la CGT des agents de sécurité aéroportuaire, qui appelle donc les salariés de la Sûreté et Prévention Sécurité des aéroports "à se mobiliser pour exiger le retrait" du texte.