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05/02/2012 09:04 EST | Actualisé 06/04/2012 01:12 EDT

Hosni Moubarak bientôt transféré en prison

L'ancien président égyptien Hosni Moubarak, 83 ans, devrait bientôt être transféré dans la prison de Tora, au sud du Caire, dès que l'hôpital de la prison aura été adapté pour pouvoir l'accueillir, ont annoncé des responsables du nouveau régime, rapportant les propos du ministre de l'Intérieur Mohammed Ibrahim.

Le ministre n'a pas précisé la date du transfert de l'ex-raïs, mais s'est engagé à ce que les travaux nécessaires dans le service hospitalier de la prison soient effectués en un "temps record", selon ces mêmes sources s'exprimant sous le couvert de l'anonymat.

Depuis son arrestation en avril dernier, Hosni Moubarak a dans un premier temps été en résidence surveillée dans un hôpital de la station balnéaire de Charm el-Cheikh, sur la Mer rouge, avant d'être transféré dans un hôpital militaire des environs du Caire.

L'ex-raïs est actuellement jugé pour complicité dans la répression qui a coûté la vie à des centaines de manifestants pendant les 18 jours du soulèvement qui ont conduit à sa chute.

Par ailleurs, ont précisé ces responsables, 50 dignitaires du régime déchu emprisonnés à Tora devraient être répartis entre cinq prisons différentes dans la région du Caire dans les prochaines 48 heures, notamment les deux fils de Moubarak, Alaa et Gamal, ainsi que deux anciens Premiers ministres et les anciens présidents des deux chambres du parlement.

Cette double décision semble être une concession aux réformateurs, ces derniers estimant en effet que la junte militaire actuellement au pouvoir traite Moubarak avec trop de déférence et ferment les yeux sur les agissements des anciens dignitaires qui continuent d'organiser leurs partisans en profitant du fait qu'ils sont incarcérés tous ensemble.

Elle intervient alors que la junte est confrontée à une pression croissante, au quatrième jour de violents affrontements de rues, les manifestants réclamant le transfert du pouvoir aux civils au plus vite.

Ces affrontements, qui ont fait 12 morts depuis jeudi, ont été déclenchés après les incidents de la semaine dernière, qui ont fait 74 morts à Port-Saïd lors d'émeutes après un match de football.

La colère face à ce que les manifestants considèrent comme la volonté délibérée des forces de l'ordre de laisser se dérouler ces émeutes meurtrières s'est transformée en nouveaux appels à ce que les militaires quittent le pouvoir.

Dimanche, la police anti-émeute a tiré des gaz lacrymogènes en direction de milliers de manifestants armés de pierres marchant vers le ministère de l'Intérieur. Des hôpitaux de campagne pour soigner les blessés avaient été installés sur la place Tahrir voisine.

Samedi, un conseil consultatif mis sur pied par les militaires a proposé d'accélérer le transfert du pouvoir, en organisant un scrutin présidentiel dès le mois d'avril.