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01/02/2012 10:39 EST | Actualisé 07/02/2012 06:05 EST

L'opposition revient à la charge sur le financement des retraites

CP

(Radio-Canada.ca) Le gouvernement Harper a de nouveau été pris à partie sur ses intentions à propos du programme de Sécurité de la vieillesse en cette seconde journée de travaux parlementaires à Ottawa.

Lors de la période des questions, la chef intérimaire du NPD a reproché au gouvernement de ne pas tenir compte des avis de ses propres experts.

« Le premier ministre a surpris tout le monde, à commencer par les experts du gouvernement. Un rapport commandé par ce gouvernement démontre que le Canada ne fait pas face à une crise du financement des régimes publics de retraite. C'est le rapport Whitehouse. Je conseille au premier ministre de le lire », a déclaré Nycole Turmel.

De son côté, le premier ministre a répété que les conservateurs allaient protéger les revenus des aînés. Du même souffle, Stephen Harper a toutefois indiqué que des changements étaient inévitables, citant des études fédérales qui prévoient que les coûts du programme vont tripler d'ici 2030.

Dans les faits, les actuaires du gouvernement s'attendent à ce que les coûts atteignent 2,44 % de la valeur du produit intérieur brut en 2030, avant de redescendre graduellement et de s'établir à 1,89 % en 2060, un taux plus bas qu'en 1998.

Pour le professeur Jean-Yves Duclos, du département d'économie de l'Université Laval, réformer le système est donc avant tout un choix politique. « On n'aurait pas de problème à soutenir la part des revenus de retraite qu'on aura à payer aux futurs retraités parce que l'économie canadienne présentement est assez solide pour le faire. Évidemment, ça suppose que l'économie va continuer de croître correctement », explique-t-il.

De l'avis de Diane Bellemare, économiste au CIRANO, le Canada doit suivre l'exemple d'autres pays et revoir les régimes publics contributifs.

Les conservateurs imposent le bâillon

Par ailleurs, le gouvernement Harper a décidé d'imposer le bâillon pour limiter les débats sur le projet de loi C-25 qui encadre la création de nouveaux régimes de pension agréés collectifs.

Cette mesure offrira une nouvelle option aux employeurs et aux travailleurs qui veulent épargner en vue de la retraite.

La majorité conservatrice a voté pour limiter à deux jours le débat en deuxième lecture sur ce projet de loi qui est généralement bien accueilli.

Le système canadien des revenus de retraite

Le Régime de pensions du Canada (RPC) prévoit le versement d'un montant équivalant à 25 % des cotisations mensuelles moyennes d'un contribuable. Les versements sont bonifiés de 6 % par année pour ceux qui attendent d'avoir 65 ans avant d'en faire la demande. Il est possible de recevoir des prestations à partir de 60 ans, mais en assumant une pénalité. Les Québécois n'ont pas accès au RPC, les prestations de retraite étant assurées par la Régie des rentes du Québec.

Le programme de la Sécurité de la vieillesse est offert à presque tous les Canadiens à partir de 65 ans, qu'ils soient retraités ou non. Il faut avoir habité au pays pendant au moins 40 ans. Les citoyens canadiens vivant à l'étranger peuvent aussi la recevoir s'ils ont vécu 20 ans au pays après l'âge de 18 ans.

Le Supplément de revenu garanti ne s'adresse qu'aux aînés qui ont des revenus inférieurs à 15 888 $ par année pour un célibataire, 20 976 $ pour un couple qui reçoit des prestations du programme de Sécurité de la vieillesse, et 38 112 $ pour un couple dont un seul des membres reçoit des prestations du programme de Sécurité de la vieillesse.