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30/01/2012 23:26 EST | Actualisé 31/03/2012 01:12 EDT

Syrie: Hillary Clinton demande à l'ONU de mettre fin aux violences

NEW YORK, États-Unis - L'armée syrienne a écrasé mardi des troupes rebelles en banlieue de Damas alors que le Conseil de sécurité de l'ONU examinait un projet de résolution demandant au président Bachar el-Assad de mettre un terme aux violences et de quitter le pouvoir.

La secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, a déclaré devant le Conseil à New York que les efforts de l'organisation pour mettre un terme à la violence qui sévit présentement en Syrie seraient différents de ceux qu'elle avait déployés pour pacifier la Libye.

«Je sais que certains membres sont inquiets à l'idée de voir le Conseil se diriger vers ce qu'ils considèrent comme une autre Libye», a-t-elle affirmé. «Cette analogie est erronée.»

«Il est temps pour la communauté internationale de mettre de côté ses différends et d'envoyer un message de soutien clair au peuple syrien», a ajouté Mme Clinton.

La Russie, l'une des plus grandes alliées du régime Assad, a fait savoir qu'elle utiliserait son droit de veto pour freiner toute résolution contre Damas par crainte qu'elle ne mène à une intervention militaire comme l'avait fait celle pour la Libye, qui avait débouché sur les frappes aériennes de l'OTAN.

La Ligue arabe a toutefois insisté sur le fait que l'objectif de la démarche n'était pas de lancer une opération militaire.

«Nous tentons d'éviter toute intervention étrangère, particulièrement sur le plan militaire, en Syrie», a assuré le secrétaire général de l'organisation panarabe, Nabil Elaraby. «Nous avons toujours souligné l'importance de respecter la sécurité, la souveraineté et l'intégrité territoriale du pays.»

Moscou n'a jamais cessé de soutenir Bachar el-Assad, qui réprime durement le soulèvement populaire commencé il y a près de 11 mois. En octobre, la Russie avait eu recours à son droit de veto à l'ONU pour faire capoter une première tentative de condamnation de la répression en Syrie. La Chine, autre membre permanent du Conseil de sécurité, avait fait de même.

L'opposition des Russes est à la fois motivée par les liens stratégiques et militaires qu'ils ont avec le régime de Damas et leur rejet de ce qu'il voit comme un ordre mondial dominé par les États-Unis.

Alors que les diplomates discutaient de la situation en Syrie, les forces du président Assad ont repris mardi le contrôle des banlieues de l'est de la capitale après que les insurgés eurent réussi à les conquérir la semaine dernière dans le cadre d'une avancée spectaculaire.

Le fait que les rebelles soient aux portes de Damas, siège du régime, constituait une menace pour le leader syrien. L'armée a lancé une offensive lundi et mardi qui lui a permis de vaincre ses adversaires à Zamalka et à Arbin.

Mais la zone n'était pas pour autant calme mardi. Des journalistes syriens invités dans le cadre d'une mission organisée par le gouvernement ont entendu au moins sept explosions dans le secteur de Rankous, sans toutefois pouvoir identifier leur origine.

Des violences ont également été rapportées dans le quartier de Baba Amr à Homs, l'un des bastions de l'insurrection. Selon le militant Mohammed Saleh, des tirs intensifs ont retenti pendant des heures alors que s'élevait au-dessus des lieux une épaisse fumée noire.

D'après les militants, la fumée émanait d'un oléoduc frappé par les forces gouvernementales, une information qui n'a pu être confirmée.

Il y a plusieurs semaines, l'ONU avait estimé que la répression du gouvernement syrien avaient coûté la vie à plus de 5400 personnes.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme basé à Londres et les Comités locaux de coordination (CLC)sur place, le bilan de la grande offensive de lundi est d'environ 100 morts, ce qui en fait l'une des journées les plus meurtrières depuis le début du soulèvement.

Les militants ont déclaré qu'au moins sept personnes étaient mortes mardi, mais les CLC ont plutôt parlé de 28 décès.

La situation en Syrie s'est aggravée récemment alors que les pays occidentaux et arabes accentuent la pression sur la Russie pour qu'elle accepte de laisser le Conseil de sécurité intervenir.

Le projet de résolution demande au président Bachar el-Assad d'arrêter la répression et de mettre en oeuvre le dernier plan de paix de la Ligue arabe. Celui-ci prévoit que le leader cède le pouvoir à son vice-président et la mise sur pied d'un gouvernement d'union nationale qui ouvrirait la voie à des élections.

Si Assad n'obtempère pas dans les deux semaines, le Conseil de sécurité envisagerait alors «d'autres mesures», ce qui sous-entend d'éventuelles sanctions.

En Jordanie mardi, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a appelé le maître de Damas à stopper le bain de sang et a espéré qu'un consensus se dégage au Conseil de sécurité.

Un représentant français a indiqué que le projet avait l'appui de 10 membres sur 15 au Conseil, ce qui signifie que Moscou devra recourir à son droit de veto pour empêcher son adoption.

Un vote sur la résolution devrait avoir lieu plus tard dans la semaine.