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31/01/2012 12:20 EST | Actualisé 01/04/2012 01:12 EDT

La ministre Weil fait la promotion de la mobilité professionnelle en Europe

PARIS - Déjà fortement lié à la France en matière de mobilité professionnelle, le Québec inaugure une nouvelle coopération sur le sujet avec la Catalogne. La ministre québécoise de l'Immigration, Kathleen Weil, signera en ce sens mercredi à Barcelone une déclaration d'intention qui devrait conduire, à terme, à la conclusion d'une véritable entente de mobilité.

Confrontée à un taux de chômage important, la Catalogne encourage ses citoyens «à acquérir des expériences professionnelles internationales». Elle leur offre même des cours de français, a souligné la ministre avant de quitter Paris pour Barcelone. Ce nouveau partenariat devrait entraîner un «flux (d'immigrants) vers le Québec», a-t-elle estimé.

Mme Weil est arrivée à Paris le week-end dernier avec la volonté affichée de promouvoir, voire d'accroître la mobilité professionnelle des travailleurs qualifiés. Rappelant que l'économie québécoise devra pourvoir 730 000 emplois d'ici 2015, la ministre a souligné sans ambages que le Québec cherchait à se positionner au mieux dans la «course aux talents» qui oppose les pays riches.

Dans cette compétition, la France et le Québec s'affichent comme des partenaires et non pas de concurrents. Ils sont liés en effet par une entente unique en matière de «reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles» et par une autre entente relative à la mobilité professionnelle et à l'intégration des migrants, conclue en 2010.

Le sujet de la mobilité a apparemment occupé une large part de l'entretien que Mme Weil a eu mardi avec l'influent ministre français de l'Intérieur, Claude Guéant, par ailleurs responsable de l'immigration. Sur ce dossier, le ministre français s'est montré «très enthousiaste», a raconté la ministre Weil, exprimant sa «volonté de poursuivre» sur cette voie.

«La rencontre a été vraiment intéressante. On a beaucoup parlé des enjeux de l'immigration. Il connaît bien notre système d'intégration», a dit la ministre, qui ne voit pas de différences, au-delà des nuances lexicales «fascinantes», entre l'«immigration choisie» prônée par la France de Nicolas Sarkozy et la démarche de «sélection» pratiquée par le Québec.

À ce propos, la ministre Weil a pris part mardi à la Délégation générale à une cérémonie de remise de Certificats de sélection à une trentaine de candidats français, parmi lesquels figuraient beaucoup de jeunes gens et quelques jeunes couples souriants, les yeux brillants. Cette cérémonie était une grande première, en France ou ailleurs. La ministre Weil n'a pas caché qu'elle l'avait trouvée très «émouvante».

Le Québec entend accueillir 50 000 immigrants par année d'ici 2015. L'immigration «économique» constituera 70 pour cent du contingent des nouveaux arrivants. Selon le ministère de l'Immigration, 65 pour cent d'entre eux parleront français.