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31/01/2012 12:04 EST | Actualisé 01/04/2012 01:12 EDT

Âge de la retraite: les provinces devraient s'inquiéter, selon Bob Rae

OTTAWA - L'opposition à Ottawa se méfie des intentions du gouvernement pour l'avenir du programme de la Sécurité de la vieillesse et de son impact non seulement sur les personnes âgées, mais aussi sur les finances des provinces.

Le premier ministre Stephen Harper a beau continuer à rassurer tout le monde, répétant que rien ne changera pour les retraités actuels, libéraux et néo-démocrates le soupçonnent de préparer un bouleversement du programme de la Sécurité de la vieillesse. L'une de modifications attendues serait de repousser l'âge de la retraite de 65 à 67 ans.

Le leader par intérim du Parti libéral, Bob Rae, estime qu'il y aurait alors un déplacement des coûts vers les provinces qui ont la charge des Canadiens les plus pauvres jusqu'à l'âge de la retraite.

«Si on est sur l'assistance sociale au moment où on a 60 ans, 62, 63, alors on attend le moment, 65 (ans), de retraite pour qu'on puisse recevoir tous les bénéfices possibles de la part du gouvernement fédéral», a expliqué M. Rae en point de presse, mardi, après une période des questions particulièrement houleuse.

Les libéraux consultent les provinces pour obtenir une évaluation financière d'une telle perspective.

En attendant, M. Rae ne mâche pas ses mots, qualifiant les manoeuvres actuelles du gouvernement de «tromperie» et de «duperie».

Les néo-démocrates, de leur côté, reprochent au premier ministre de ne pas consulter les provinces dans ce dossier, tout comme il ne l'a pas fait dans le dossier des transferts pour les programmes de santé.

«Ils n'ont pas consulté personne. Ils ne consultent personne sur aucun sujet», a dit Nycole Turmel, leader par intérim du Nouveau Parti démocratique.

Essuyant plusieurs attaques durant la période des questions, M. Harper a maintenu qu'il respecte sa promesse électorale de ne pas toucher aux transferts des individus ni aux transferts des provinces pour équilibrer son budget fédéral.

«Ce gouvernement a été clair, a-t-il répondu à M. Rae. Nous allons protéger le revenu de nos aînés. C'est un engagement clair envers la population canadienne et nous le garderons. En même temps, nous avons des responsabilités envers les générations futures et nous allons agir pour assurer leur avenir.»

On en comprend que les revenus des aînés de l'avenir n'auront pas la même protection que ceux des personnes retraitées aujourd'hui. Mais comme ces mesures que le premier ministre promet ne sont toujours pas annoncées en détail, cela laisse place à toutes les spéculations possibles.

Jeudi, journée d'opposition au Parlement, les néo-démocrates reviendront sur le sujet.

Ils entendent soumettent au débat la motion suivante: «Que cette Chambre rejette les appels du premier ministre visant à équilibrer le déficit conservateur sur le dos des aînés canadiens par l'entremise de moyens tels que hausser l'âge d'admissibilité à la Sécurité de la vieillesse, et demande au gouvernement que la réduction et l'éventuelle élimination de la pauvreté chez les aînés soient une pierre angulaire du prochain budget.»