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31/01/2012 01:38 EST | Actualisé 01/04/2012 05:12 EDT

La CAQ balaye les critiques sur son financement

CP

QUÉBEC - La Coalition avenir Québec (CAQ) a rejeté du revers de la main, mardi, les attaques péquistes et libérales sur la nature de son financement.

Le ministre Jean-Marc Fournier et le député péquiste Bernard Drainville avaient plus tôt soulevé des doutes sur le financement de la CAQ depuis que son statut est passé à la mi-novembre d'organisme à but non lucratif (OSBL) à parti politique.

M. Fournier a reproché au chef de la CAQ, François Legault, de ne pas avoir respecté l'esprit de la loi électorale, qui limite les contributions aux partis politiques à 1000 $ par année.

Certains donateurs — notamment l'homme d'affaires Charles Sirois, l'avocat Mario Charpentier et la présidente de l'exécutif du parti, Dominique Anglade — ont en effet contribué à deux reprises en 2011 au groupe de M. Legault: d'abord à l'OSBL puis au parti politique.

Pour le ministre de la Justice, la CAQ a joué sur deux tableaux afin de contourner la loi électorale et doubler les contributions versées à sa caisse.

Même si la CAQ a porté deux chapeaux en 2011, les contributions ont servi à promouvoir le même programme de même qu'à payer les mêmes employés et les mêmes équipements, fait-on valoir au Parti libéral.

De son côté, le député Drainville a dit trouver curieux que 46 avocats provenant de la même firme associée au responsable du financement de la CAQ, Mario Charpentier, figurent sur la liste des donateurs.

«Quarante-six contributions qui viennent d'un même bureau d'avocats, je trouve que ça a l'air organisé. Je me demande si François Legault n'est pas en train de s'attacher à ce cabinet», a soutenu M. Drainville.

Rejoint par La Presse Canadienne, l'attaché de presse de M. Legault, Jean-François Del Torchio, a nié toute irrégularité.

«La loi n'interdit pas de contribuer à un OSBL et à un parti politique», a-t-il fait remarquer.

Quant aux dons versés par les nombreux collègues avocats de M. Charpentier, il n'y pas lieu, selon lui, de crier au scandale.

«M. Charpentier est en charge du financement, il est naturel qu'il sollicite les gens qui travaillent autour de lui», a-t-il dit.

Il a aussi fait valoir que la CAQ «ne savait pas qu'elle allait devenir un parti politique» lorsqu'elle a récolté des dons pour financer ses activités à titre de «mouvement d'idées» avant l'automne 2011.

Même s'il n'était pas tenu de le faire, l'OSBL a respecté l'esprit de la loi électorale sur le financement politique en limitant les contributions à 1000 $, a rappelé M. Del Torchio.

À ses yeux, la CAQ n'a pas de «leçon d'éthique» à recevoir des péquistes et des libéraux. Ces derniers, particulièrement, «sont bien mal placés» pour jouer les purs, a-t-il souligné.

Pour sa part, le député de Shefford et porte-parole caquiste en matière de finances, François Bonnardel, a accusé ses adversaires politiques de chercher des problèmes là où il n'y en a pas.

«Ils essaient d'attaquer l'inattaquable, tout est légal», a-t-il dit.

L'entrée prochaine de la CAQ à l'Assemblée nationale indispose la classe politique, qui tente de discréditer la nouvelle formation en scrutant la liste de ses donateurs.

Le président du Parti libéral du Québec, Marc Tanguay, a fait publier un communiqué mardi pour faire état «d'informations voilées» et «intrigantes» dans les documents fournis par la CAQ.

M. Tanguay remarque que certains dons proviennent de la France, du Royaume-Uni ou d'ailleurs au Canada, ce que la loi électorale interdit.

Aussi, des donateurs n'avaient pas la qualité d'électeur puisque leurs noms ne figurent pas à la liste électorale.

La CAQ a bel et bien reçu quelques dons provenant de Québécois vivant hors Québec, mais c'était avant qu'elle ne se transforme en parti politique, a justifié M. Del Torchio.

«L'argent qui a été versé à l'OSBL a été utilisé par l'OSBL. Les sommes amassées par le parti servent au parti conformément à la loi. D'ailleurs, le DGE a dit que notre financement était conforme», a-t-il argué.