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30/01/2012 05:31 EST | Actualisé 31/03/2012 05:12 EDT

Sénégal: la candidature d'Abdoulaye Wade validée

Le Conseil constitutionnel du Sénégal a validé dans la nuit de dimanche à lundi la candidature du président sortant Abdoulaye Wade pour la présidentielle du 26 février, et confirmé le rejet de celle du chanteur Youssou N'Dour.

Le Conseil a considéré que l'artiste de renommée internationale n'avait pas fourni suffisamment de signatures valides.

L'opposition sénégalaise a appelé samedi la population à se soulever contre la décision d'Abdoulaye Wade, 85 ans, de briguer un troisième mandat. La coalition M23, qui représente les principaux candidats de l'opposition à l'élection présidentielle du 26 février, affirme que le Conseil constitutionnel a trahi le peuple en validant vendredi la candidature du président sénégalais. La confirmation de cette décision ne va pas apaiser une situation déjà très tendue, et des manifestations sont attendues cette semaine.

De violents incidents avaient éclaté dans la nuit de vendredi à samedi entre policiers et plusieurs centaines de jeunes qui s'étaient rassemblés sur une place du centre de Dakar. Un policier a été tué par des jets de pierres et les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser la foule.

"La constitution a été violée par Wade", a dénoncé Idrissa Seck, un ancien Premier ministre d'Abdoulaye Wade qui est maintenant l'un des 13 candidats de l'opposition en lice pour la présidentielle.

Samedi, Youssou N'Dour a dénoncé une "démocratie bafouée", affirmant qu'il allait se "rebeller" contre cette décision. Il a promis de faire "une série de révélations" dans les prochains jours.

Au pouvoir depuis 2000, Abdoulaye Wade se présente pour un troisième mandat grâce une interprétation du code électoral qui lui permet de contourner la limitation constitutionnelle à deux mandats présidentiels. Ce que conteste l'opposition.

Lorsqu'il a été élu en 2000 pour la première fois, la Constitution ne limitait pas le nombre de mandats. Il l'a modifiée en 2001 pour limiter à deux leur nombre. Il affirme maintenant que ces modifications n'étaient pas rétroactives, et que son "premier" mandat doit être celui qui a suivi l'adoption de la loi, c'est-à-dire celui qui a débuté au moment de sa réélection en 2007.

Le Conseil constitutionnel s'est prononcé en faveur de cette interprétation. "Le premier mandat de Wade dans le cadre de la Constitution de 2001 s'est déroulé entre 2007 et 2012", précise le communiqué diffusé pendant la nuit par l'instance. Il "peut donc être candidat à un second mandat". Mais pour l'opposition, le conseil manque d'objectivité: ses cinq magistrats ont été nommés par Wade. AP

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