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30/01/2012 03:57 EST | Actualisé 31/03/2012 05:12 EDT

L'argent des radars photo ne revient pas aux victimes, déplore Sylvie Roy

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QUÉBEC - Le gouvernement de Jean Charest a entièrement démenti les allégations lancées lundi par la députée caquiste Sylvie Roy, qui l'accusait de ne pas avoir respecté sa promesse de verser aux victimes d'accidents de la route le montant des amendes perçues grâce aux radars photo.

«C'est totalement faux. Malheureusement, Mme Roy a induit les gens en erreur», a lancé le ministre des Transports, Pierre Moreau.

Selon lui, Québec a tenu sa promesse en investissant dans le Fonds de la sécurité routière les sommes recueillies grâce aux radars photo.

M. Moreau a expliqué que plus 146 600 constats d'infraction ont été émis entre le début du projet, à l'été 2009, et septembre dernier. Les amendes payées ont totalisé 18,2 millions $.

De ce montant, il faut toutefois retirer quelque 13 millions $, dépensés en frais d'administration et légaux pour le traitement des amendes et en coûts d'entretien et d'installation des radars photo.

«Il y a donc un bénéfice net accumulé d'à peu près 5 millions $, qui est à 100 pour cent dans le Fonds de la sécurité routière, a dit le ministre Moreau. Cette somme va être utilisée pour soit augmenter les programmes liés aux victimes de la route, soit encore pour les programme de sensibilisation dans le cadre de projets qui visent à assurer une meilleure sécurité sur nos routes.»

À partir de documents obtenus en vertu de la Loi d'accès à l'information, Mme Roy, députée de Lotbinière, affirmait, plus tôt lundi, que Québec n'avait pas versé un sou pour des projets de sensibilisation à la sécurité routière et pour les victimes d'accidents, depuis l'installation de 15 radars photo, en 2009.

Or, dans une lettre aux journaux, publiée le 16 août 2009, la ministre des Transports de l'époque, Julie Boulet, s'était engagée à ce que le projet d'installation de radars photo ne serve pas «à remplir les coffres de l'État».

Elle rappelait que la loi prévoyait que les amendes devaient être versées au Fonds de la sécurité routière et que les sommes ainsi perçues devaient servir «exclusivement à financer des programmes de sécurité routière ou d'aide aux victimes de la route».

M. Moreau s'est demandé pourquoi Mme Roy s'en prenait à un programme qui a été jugé efficace par une commission parlementaire le 16 novembre dernier — qui a estimé que le projet devrait être étendu, sous certains conditions —, recueillant l'appui de tous les partis, même de l'Action démocratique, dont faisait alors partie la députée de Lotbinière.

«C'est un programme qui (...) a permis de diminuer les grands excès de vitesse de l'ordre de 99 pour cent là où les appareils sont installés (...), qui a réduit les excès de vitesse de l'ordre de 63 pour cent et, de façon plus importante encore, qui a réduit les accidents à ces endroits-là de l'ordre de 20 à 30 pour cent selon les endroits», a dit le ministre.

À son avis, Mme Roy «cherche à attirer l'attention (...) parce qu'on voit que la coalition semble être un peu en perte de vitesse dans la faveur du public, et donc en conséquence, elle vient faire un dossier avec quelque chose qui n'existe pas».