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30/01/2012 03:21 EST | Actualisé 30/03/2012 05:12 EDT

Pas de hausse de la TVA si Hollande gagne

PARIS - Si le candidat socialiste François Hollande est élu président, la hausse de la TVA annoncée dimanche soir par Nicolas Sarkozy n'aura pas lieu, ont assuré lundi matin la Première secrétaire du PS Martine Aubry et l'ex-Premier ministre Laurent Fabius.

"Si M. Sarkozy est réélu, il y aura une augmentation massive de la TVA. Si François Hollande est élu, il n'y aura pas d'augmentation de la TVA", a schématisé sur Europe-1 Laurent Fabius, chargé de préparer les mesures d'une première année de gouvernement en cas de victoire de la gauche.

Quelques minutes plus tôt sur RTL, Martine Aubry affirmait aussi que François Hollande n'augmenterait pas la TVA. "Bien sûr que non. Et si la TVA Sarkozy avait été votée, elle aurait été abrogée", garantissait-elle.

Lors de son intervention télévisée dimanche soir, le président Sarkozy a annoncé que la TVA (taxe sur la valeur ajoutée) passerait de 19,6% à 21,2% le 1er octobre prochain, et ce parallèlement à un allégement de charges patronales sur les salaires jusqu'à 2,4 SMICs.

"L'ensemble des Français va payer pour un abaissement de cotisations patronales", a résumé Laurent Fabius. "C'est injuste socialement. Economiquement, c'est inefficace. Et proposé à ce moment-là, ce n'est pas très démocratique", a souligné le député de Seine-Maritime, à moins de trois mois de la présidentielle.

Nicolas Sarkozy a aussi plaidé dimanche soir pour des accords d'entreprises "compétitivité-emploi", ce qui permettrait aux patrons de négocier l'organisation du travail avec les représentants de leurs salariés.

Pour Martine Aubry, cela revient à "déstructurer le droit du travail". L'ex-ministre de l'Emploi estime que cela ne remet pas en cause sa réforme des 35 heures: "on garde la durée légale", observe-t-elle. En réalité, "ce qu'on propose, c'est de faire baisser les salaires. Il y a beaucoup de cas où ça a été une horreur", souligne-t-elle, en rappelant que les baisses de rémunérations n'ont pas préservé l'emploi dans les usines Continental et Goodyear: "ils ont été fermés quelques mois plus tard".

"Le 'travailler plus pour gagner plus' devient 'travailler moins pour gagner moins''', déplore la dirigeante du PS.

Eva Joly, candidate Europe Ecologie-Les Verts (EELV) à la présidentielle, craint que les patrons n'exercent des pressions sur leurs salariés. "Les accords 'compétitivité-emploi' se transformeront en accords 'chantage-emploi', au détriment des travailleurs et des 35 heures", prédit-elle dans un communiqué publié dimanche soir.

Pour renforcer la compétitivité de la France, Martine Aubry et Laurent Fabius prônent de miser sur l'innovation, la recherche et la formation - citant quasiment mot pour mot le programme présidentiel de François Hollande.

Nicolas Sarkozy a par ailleurs annoncé la création dès le mois de février d'une "banque de l'industrie" dotée d'un milliard d'euros de fonds propres. "Il joue un peu petits bras", a commenté Laurent Fabius. "Ce n'est pas avec un milliard d'euros (...) que l'on pourra relancer comme il faut l'industrie".

Le candidat PS à la présidentielle porte un projet similaire mais "plus ample" puisqu'il implique la Caisse des dépôts, Oséo et le Fonds stratégique d'investissement (FSI), a noté Laurent Fabius, avant de lâcher: "C'est très bien de s'inspirer des idées de François Hollande. Simplement M. Sarkozy vraisemblablement ne sera plus là pour les appliquer". AP

cb