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30/01/2012 10:44 EST | Actualisé 31/03/2012 01:12 EDT

L'Inde ne se coupera pas du pétrole iranien malgré les sanctions

MUMBAI, Inde - L'Inde a rejoint la Chine dans sa volonté de ne pas réduire ses importations de pétrole en provenance de l'Iran, en dépit de nouvelles sanctions strictes des États-Unis et de l'Europe visant à faire pression sur Téhéran concernant son programme nucléaire.

«L'Inde ne peut absolument pas prendre la décision de réduire significativement ses importations de pétrole en provenance de l'Iran parce que, après tout, l'Iran est l'un des principaux pays qui peuvent approvisionner notre économie émergente», indiquait dimanche le ministre indien des Finances, Pranab Mukherjee, de passage à Chicago.

L'Inde et la Chine ont compté ensemble pour 34 pour cent des exportations de pétrole de l'Iran entre janvier et septembre 2011 — légèrement plus que l'Europe, selon l'Agence internationale de l'énergie.

La décision risque d'être vue comme une victoire politique en Iran, mais on ignore comment les entreprises chinoises et indiennes seront en mesure de payer pour le pétrole iranien sans contrevenir aux sanctions, ont indiqué des analystes.

Selon David Hartwell, analyste senior sur le Moyen-Orient à l'IHS, l'Iran pourrait avoir réduit ses prix afin de s'assurer de conserver les deux pays dans son camp.

«Si deux pays importants comme l'Inde et la Chine affirment qu'ils ne se soumettront pas aux sanctions, cela permettra à l'Iran de continuer à contourner les sanctions et avoir accès à du capital étranger.»

Il a estimé que la Chine et l'Inde pourraient être en train de gagner du temps afin de diversifier ses fournisseurs de pétrole, pour ensuite se détacher de l'Iran, surtout si l'Arabie saoudite — le plus important fournisseur de pétrole de l'Inde — augmente sa production et propose des prix compétitifs.

L'Union européenne a imposé la semaine dernière un embargo sur le pétrole iranien et gelé les actifs de sa banque centrale. En décembre, les États-Unis avaient indiqué que le pays interdirait d'activités les institutions financières en sol américain qui font affaire avec la banque centrale de l'Iran.

La Chine et l'Inde sont de voraces consommateurs d'énergie et dépendent grandement du pétrole étranger. Le pétrole iranien compte pour neuf pour cent de la consommation indienne et six pour cent de la consommation chinoise, selon l'Agence internationale de l'énergie.

L'Iran exporte 2,5 millions de barils par jour, soit environ trois pour cent du stock mondial. Environ 500 000 de ses barils prennent le chemin de l'Europe, et le reste est envoyé majoritairement vers la Chine, l'Inde, le Japon et la Corée du Sud.

En raison des sanctions occidentales, l'Inde pourrait avoir du mal à payer pour le pétrole qu'il importe de l'Iran. Les sanctions passées ont déjà retardé les paiements des importateurs indiens, qui devaient se débattre pour trouver des banques acceptant de mener des transactions avec l'Iran.

Les États-Unis et ses alliés prétendent que l'Iran utilise les revenus provenant de la vente de son pétrole pour développer des armes nucléaires, mais Téhéran affirme que son programme nucléaire est pacifique.