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30/01/2012 03:10 EST | Actualisé 31/03/2012 05:12 EDT

Laval : Laurent Lessard prône le « gaz égal » dans le dossier de l'amphithéâtre

THE CANADIAN PRESS/Jacques Boissinot

QUÉBEC - Le ministre des Affaires municipales, Laurent Lessard, a lancé un appel au calme, lundi, dans le dossier de l'amphithéâtre de Laval.

M. Lessard a affirmé qu'il rencontrera prochainement son collègue, le ministre fédéral des Transports, Denis Lebel, afin de discuter de ce dossier.

«On va 'prendre notre gaz égal' tout le monde là», a-t-il dit lors d'un bref point de presse à l'Assemblée nationale.

M. Lessard a indiqué qu'au cours du mois de février, il aura trois occasions pour discuter «les yeux dans les yeux» avec M. Lebel.

«On va mettre nos affaires à jour, on va se parler et on va se comprendre et par la suite ils pourront confirmer, et nous autres aussi, ce qui en est dans le financement», a-t-il dit.

M. Lessard a insisté sur le fait que le projet de 92 millions $, qu'Ottawa et Québec avaient accepté d'appuyer financièrement en septembre 2009, comporte trois patinoires, dont l'une qui permettra d'accueillir 7000 spectateurs. Québec et Ottawa ont chacun promis 15 millions $, pour un total de 30 millions $.

La semaine dernière, M. Lebel a indiqué que le financement de son gouvernement pour ce projet pourrait être compromis si une équipe professionnelle de hockey s'installe dans l'édifice. Il a ainsi réagi à des informations à l'effet que les Bulldogs de Hamilton, club école du Canadien de Montréal, puissent déménager dans le nouvel amphithéâtre à Laval.

Selon le ministre fédéral, le projet ne prévoyait au départ qu'une utilisation par des équipes de sport amateur.

M. Lebel a aussi soutenu que le délai de construction, fixé dans l'entente avec Laval à décembre 2011, était expiré, alors que la première pelletée de terre n'a pas encore été annoncée.

Le sujet est délicat pour les conservateurs fédéraux, puisqu'ils ont refusé de financer la construction de l'amphithéâtre de Québec, dont le coût de 400 millions $ est partagé par le gouvernement québécois et la Ville de Québec.

Le conglomérat Quebecor, qui a obtenu la gestion de l'édifice, espère obtenir une concession de la Ligue nationale de hockey.

Lundi, M. Lessard a affirmé qu'il analysera attentivement le projet de Laval pour déterminer s'il a été changé depuis que les deux gouvernements ont décidé de le financer, en 2009.

«S'il y a quelque chose qui a changé, dans les protocoles, on veut le savoir, et les parties veulent le savoir, a-t-il dit. À partir de là on pourra dire quelles sont les règles du jeu. Et si quelqu'un a décidé de les changer, bien il l'expliquera.»

Selon le ministre québécois, dans les documents signés par Québec et Ottawa, il était évident que la capacité totale de 10 000 spectateurs de l'édifice le destinait à autre chose que du sport amateur.

«Quand on voit un volet de l'aréna à 10 000 places, c'est certainement pas le pee-wee double lettre qui allait remplir ça», a-t-il dit.

La Ville de Laval n'a pas répondu aux demandes successives d'entrevue formulées par La Presse Canadienne.

Le président du Mouvement lavallois, David De Cotis, a pour sa part dénoncé le manque de transparence dans le projet, notamment parce qu'un organisme sans but lucratif (OSBL) est responsable des appels d'offres pour la construction et la gestion.

Selon M. De Cotis, les informations sur le processus sont pour cette raison inaccessibles à l'opposition, qui ignore le nom des entreprises sollicitées.

«Tout est secret, a-t-il dit. On pose des questions pour connaître les critères pour soumissionner et ils ne veulent pas nous le dire.»